Sécotine and so on

blablabli, et blablabla...

25 février 2009

Oups.

Encore une fois, je suis peu présente en ce moment, je ne réponds pas aux commentaires, j'ai tout faux.
A défaut de faire un petit mot à chacune, ces quelques phrases pour vous dire que j'apprécie toujours vos passages écrits chez moi, et que je regrette de manquer de temps pour vous répondre individuellement. Non je ne fais pas ma Diva en vous snobant - loin de moi cette idée.

Les journées n'ont que 24 heures et la vie réelle est là, à me demander des comptes et des actions. Voila.
Alors oui je continue d'écrire et j'espère, d'ici quelques semaines, avoir plus de temps à consacrer à ces écrits.

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J'aime les usines

Depuis toujours j’aime les sites de production. Sans doute parce qu’ils sont éloignés de mon quotidien, un peu exotiques pour la fille qui est dans les bureaux gris clair, parcourant les couloirs de moquette en croisant des collègues bien habillées.

Peut être parce que la rudesse des sites de production contraste avec le savoir-faire et l’habileté des hommes qui y oeuvrent.

Ces grosses mains rugueuses et pleines de cambouis manient des outils aussi massifs que bruyants. Le savoir-faire, ici, ne se compte pas en nombre d’années passées sur les bancs des grandes écoles.

L’admiration que je peux éprouver est proportionnelle à mon ignorance de ces sujets. Je me sens bien petite avec ma culture générale, devant cet opérateur de production qui utilise la fraiseuse pour tailler des pièces.

Les subtilités des tissages – les finesses des alliages métalliques – le fini des produits bien concrets, élaborés sous mes yeux et pas dans une hypothétique unité de production, quelque part en Chine.

Je reste émerveillée de ce monde auquel je participe – mais de loin, navigant dans des concepts « hautes sphères » parfois éthérés, loin des spécifications techniques demandées pour la production de telle pièce.

Vendredi dernier, j’ai encore suivi, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants, le parcours de fabrication des pièces de ma société. Et j’ai adoré.

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17 février 2009

Le cérémonial

Ils régnaient, tous les deux à leur façon, sur la grande et austère maison familiale. Elle, maîtresse de maison parfaite au savoir-vivre empreint des manuels datant des années 50 et teinté de son expérience autant que de sa naissance.

Lui, patriarche indiscutable, menant droit à la baguette sa descendance à l’image de sa coupe de cheveux : en brosse et noir, même sur la fin de sa vie.

La grande maison dans laquelle ils avaient choisi de passer leur retraite abritait bien des cérémonials. Celui du matin, lorsqu’elle se levait la première, enfilait une robe de chambre puis descendait lui préparer un premier café. Au lait. Dans un mazagran.

Mazagran, c’est chez eux que j’ai appris ce mot un peu rare. Chez eux, presque exclusivement, que j’en voyais.

Celui qui consistait ensuite à ranger, méticuleusement, les biscottes de taille toujours égale dans la boite destinée à cet usage. En plastique transparent fumé – couvercle imitation bois.

Celui qui consistait, au retour de la pharmacie, à répartir les médicaments selon leur destinataire, et à ordonner tout cela au cordeau dans des boites ad-hoc, rangées elles aussi sur la table roulante – sage servante près de la table ou nous prenions nos repas.

Celui qui consistait à régner sur le contenu du congélateur comme sur une armée bien rangée. Il tenait à jour un petit carnet, rangé dans un tiroir de la cuisine, sur lequel sa belle écriture inclinée traçait « veau » « bœuf » « haricots verts » « dinde » en titre sur les pages vierges. Puis elle sortait la balance de cuisine, antique objet cabossé à la précision millimétrique. Les aliments étaient impeccablement rangés dans les sacs plastiques de congélation, puis pesés, puis étiquetés, identifiés, consignés dans le petit carnet avant de rejoindre le congélateur, ou jamais ils ne se perdraient.

Le cérémonial du congélateur était effectué dans le plus  grand calme, avant que stylos, liens à nouer et petit carnet ne retournent dans le tiroir de la cuisine.

Lorsqu’un sac était sorti de sa gangue de froid, là encore jamais aucune précipitation ne venait entraver le ballet à quatre mains qu’effectuaient mes grands-parents, pesant le poids de l’importance de leurs gestes sur la gestion de leurs stocks alimentaires. Là encore, il sortait du tiroir de la cuisine le petit carnet, la règle, et rayait aussi proprement qu’on lui avait appris la ligne concernée. Rôti de veau – 835 grammes – 12 septembre 1987. 

La lenteur avait pris racine dans cette maison, rythmée par le carillon anarchique des horloges. Celle Empire du salon, celle Picarde de « au bout », sous l'escalier ou était aménagé le coin télé.

Graviers qui crissent dans la cour, passage du facteur à midi trente, cliquetis de la chaudière qui se met en route, grincement des volets blancs qu’on ouvre ou qu’on ferme – selon le moment de la journée. Tic tac des carillons sur les manteaux de cheminée. Rarement le téléphone, rarement la sonnette du grand portail blanc qui faisait sursauter ma grand-mère.

Ces petits bruits du quotidien, discrets et superbes, ponctuaient cette existence parfaite et infinie. Ces petits cérémonials, banals, précis et rassurants, effectués avec maîtrise et parcimonie.

Les petits enfants que nous étions venaient troubler cette quiétude le temps d’un week-end, éclaboussant de nos rires et chahuts l’ordre établi du salon Empire. Le reste du temps, le reste de la semaine, nous n’avions pas de vision du quotidien de nos grands-parents. C’est seulement lorsqu’un autre cérémonial s’introduisait –celui des révisions- que nous nous glissions dans leur intimité bien sage et les accompagnions dans ce silence des jours passés à se ressembler.

L’été, notre terrain de jeu allait jusqu’au fond du jardin, ce qu’on appelait « au bout ». Au bout des étangs, au bout de la propriété. Parfois, un cousin aguerri sortait la barque blanche et nous ramions gaiement sous l’œil vigilant des adultes. Au bout, il y avait aussi cet arbre en haut duquel nous avions le droit parcimonieux de grimper. Les plus jeunes se contentaient de monter bravement à quelques branches. Les plus grands nous dominaient.

Et puis un jour, l’arbre fut abattu – trop de feuilles dans l’étang – trop d’entretien pour qui vieillit.

Un cérémonial de cassé.

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12 février 2009

au fait ...

Ce blog a passé les 100 posts... Je me savais bavarde...

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Un monde de filles ...

Un, ou deux murs de miroirs. Un sol en revêtement blanc – non, plus de parquet, mais un revêtement spécial pour accueillir les pas. Des minons de poussière. Un lecteur cassette –ou était-on déjà passées au CD ? – sur une étagère. Un tabouret pour le professeur. Et une barre horizontale qui court le long du mur.

Des petites pièces de piano rythment les échauffements à la barre. Les muscles travaillent, l’attention est concentrée et les premières gouttes de sueur perlent sur les tempes des demoiselles en justaucorps. Le cache-cœur est presque démodé, trop académique pour les adolescentes qui réchauffent leurs longues jambes noueuses avec des surcollants un peu lâches.

Les articulations craquent parfois, l’air devient un peu moite et les injonctions du professeur rectifient les positions imparfaites. Cette grande femme blonde, au port altier et à la démarche reconnaissable entre toute porte des Repetto, cela va de soi, se drape d’un châle sombre pour souligner son balayage blond Dessange.

Viennent les exercices au sol, ou toutes les jeunes filles, de la plus gracieuse à la plus boulotte tombent naturellement en grand écart, avec une simplicité désarmante. Les moins aguerries souffrent sur cet exercice d’assouplissement ultime, trichent un peu pour égaler les meilleures. Jambe pas tout à fait tendue ou prétendue crampe, le couperet du grand écart sonne comme un jugement sans faille entre les « bonnes » et les « moyennes ». C’est aussi souvent le moment de quelques confidences chuchotées, rires étouffés – moqueries, parfois.

La salle de danse est un monde impitoyable.

Les dernières minutes, l’air sent la sueur de jeune fille. On élabore une petite chorégraphie, quelques sauts plus ou moins légers selon les morphologies et l’état de fatigue.

Enchaînements de petits pas, grand jeté, saut de chat termineront la session.

Puis les pieds fatigués, les nuques humides retournent au vestiaire. Quelques parents attendent dans le hall, puisqu’après « les grandes », c’est le tour du cours des « petites », aux collants qui plissent sur les genoux, barrettes sagement alignées sur les petites coupes au carré blond.

Là, les mamans ont craqué pour les caches-cœurs et les petites filles rivalisent de volants courts sur les justaucorps. Les culottes Petit Bateau dépassent un peu – on les voit sous les collants roses.

Les grandes, elles, gloussent dans l’étroit vestiaire, quittant tout l’attirail qui, une heure durant, a fait d’elles des danseuses. Parfois nues et sans complexe au milieu de leurs congénères, elles se succèdent dans la cabine de douche avant de retourner à leur uniforme d’adolescente.

Les exercices ont pu faire d’elles des rivales, une heure durant, mais leur condition de lycéenne reprend vite le dessus.

Jeunes, très jeunes et la vie devant elles, un corps qui obéit au doigt et à l’œil lorsqu’il s’agit de tendre une pointe, arrondir un bras ou épauler du bon coté. Evidemment, les yeux traînent sur le soutien gorge d’une telle ou la toute récente poussée de cellulite de telle autre.  Elles restent des filles, des fleurs en bouton pas encore éclos. A voir qui fait de l’ombre à l’autre, qui mûrit plus joliment ou qui et plus élégante.

Elles ont 16 ans, pour la plupart. Suscitent l’admiration des petites encore un peu maladroites sur le « plié tendu » qui démarre dans la salle de danse, juste à coté.

J’ai eu, moi aussi, 16 ans. Troqué mes Kickers contre des demi-pointes et joué à fond le jeu de la rivalité naissante des jeunes filles en fleur.

De ces années très féminines, je garde le dos droit et une certaine nostalgie. Mais parce que la rivalité est trop forte et que j’étais parmi les meilleures ou rien, rechausser les Repetto à 33 ans est désormais un rêve cynique.

Je laisse cela aux jeunes filles, aux petites filles.

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09 février 2009

14:31

C'est à cette heure là qu'il est entré dans ma vie. C'est l'heure notée sur son carnet de santé. C'est l'heure qui s'affiche chaque jour dans le coin inférieur droit de mon ordinateur, et ô hasard, je tombe sur l'horloge à chaque fois ou presque. A chaque fois, tous les jours donc, je pense à lui et à sa venue au monde, dans cette salle mauve et violette.

Je comprenais à peine ce qui m'arrivait, je ne succombai pas aux pleurs d'émotion qui souvent, submergent les mamans. Contrairement à ce qu'indiquaient les suggestions de la clinique, je n'accouchai pas dans un "tee-shirt taille XL pour rendre plus aisés les mouvements" mais dans ce tee-shirt Petit Bateau, taille 14 ans, rose, que je remporterai cette fois-ci encore avec moi à la maternité.

14h31, donc, cette expérience que j'avais redouté depuis si longtemps arrivait à son terme et avec elle ce petit garçon qui allait faire de moi une maman.

L'autre heure que je vois régulièrement sur mon PC, c'est 15:55.
Prémonitoire ?

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Controverse et autres noms en –isme

Depuis quelques jours, les propos d’un évêque suscitent émotion et commentaires dans la sphère publique médiatique. Ou en tous les cas dans la mienne, qui se limite à France Info et France Inter. C’est déjà presque partisan…

Oui, un homme d’église a visiblement franchi les limites de l’acceptable concernant la Shoah, je suis en pointillés cet espèce de dossier, « mini marronnier » à lui tout seul, remettant sur le tapis public de temps à autres des propos que je qualifie de crétins et stupides à défaut d’être blessants, insultants, pour ceux qui ont laissé leur peau et leur famille dans un camp au nom guttural.

Sans être touchée directement, j’ai découvert très violemment les images des camps de la mort par curiosité presque malsaine, en feuilletant trop jeune un livre terrible qui s’appelle La Déportation. Catalogue par le menu de tous les camps ou presque, ayant existé en Europe, et « formidable » album photo de cadavres encore un peu vivants.

J’avais 8 ou 9 ans, j’ai très mal dormi les nuits suivantes.

Ce qui me ferait presque sourire dans l’histoire, c’est que dans ce genre de cas, les journalistes adorent aller sur le parvis de Saint Nicolas du Chardonnay pour recueillir les impressions des fidèles de cette église réputée peu ouverte –c’est un euphémisme-. Les propos enregistrés sur les bandes magnétiques et diffusés sur les ondes publiques font se régaler les journalistes, dresser les cheveux sur la tête de la ménagère de moins de 50 ans.

Cette quasi facilité à traiter l’information ôte mon sourire qui se voulait cynique.

J’ai appris, plus jeune, à ne pas juger trop vite lorsqu’un de mes professeurs de droit comparé nous ouvrait avec passion les pages du Coran. Oh non, je ne suis pas spécialiste et ne prétends pas le devenir. J’essaye simplement de respecter, de comprendre à défaut d’accepter. Chacun sa culture, son éducation et ses limites.

Le monde contemporain nous apprend à ce sujet que nous ne sommes pas toujours les gentils, nous les occidentaux. Contrairement au monde qui m’a vu grandir, guerres Iran Irak, Palestine Israël, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev (pardonnez l’anachronisme), les données ont changé aujourd’hui.

Je ne dédouane pas par ce message l’évêque machin-chose et ses propos aberrants, je ne dédouane pas non plus quelques jolis clichés recueillis à dessein sur le parvis de Saint Nicolas du Chardonnay et repris à l’antenne de France Info. Pas plus que les verdicts de certains tribunaux islamiques qui choquent ma « liberté » d’occidentale.

Je vous laisse continuer la liste à votre guise…

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04 février 2009

Incessantes insomnies

... Et si je me tourne comme ça ... Non, ça ne marche pas ... Pffff... Et mince, je n'ai pas appelé Untel ... Faut que je le fasse... Absolument demain, hein... Tiens il se réveille là ... Ah non, apparemment pas... Et puis le courrier à Unetelle traine depuis trop longtemps... Aïe ça tape, il ne doit pas être bien là... Oui, il faut que je m'occupe de ce courrier... Tiens, j'ai quoi dans mon agenda demain ?... Rien je crois ... Il faut que je pense à rendre ses DVD à Untel... Il doit vraiment finir par trouver que je traine à lui rendre ... Flute, j'ai pas sorti la machine... Si j'ai le temps après le petit dèj demain... Bon et comme ça, ça donne quoi... Mes cheveux me gênent... J'ai même pas défait ma tresse pour me coucher... Je ne sais pas quelle heure il est... Je vais encore être crevée demain... Ca ne peut pas durer comme ça... Et si je descendais manger quelque chose... Pfff... La flemme ... Allez, pourtant ça me ferait dormir... Faut que j'aille voir mes comptes ... De toute façon ce sera comme d'habitude... Je ne sais plus à quel moment Mohinder rencontre Nathan, vraiment c'est un peu mal fichu ce scénar', je me perds pour un rien ... Oh non, s'il te plait ne ronfle pas ...

Bon je vais descendre.
Mon dernier bastion, dans ce cas là - le canapé. Le seul à pouvoir accueillir quelques maigres heures de sommeil. Mon refuge ultime avant la nuit blanche, l'ennemie totalement inacceptable et cause majeure d'angoisse - une journée entière sans avoir dormi avant. Non, ce n'est pas possible. Ce n'est plus possible.

Posté par Secotine and so à 02:49 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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