Samedi nous avons appris une triste nouvelle : cette voisine que l'on croisait souvent est morte, la leucémie a été plus forte.

Le village est comme il convient d'être dans ces cas là. Sous le choc. Les mamans avaient les yeux brouillés ce matin à l'école - elle était tant appréciée pour son enthousiasme à s'occuper des enfants.

Alors juste un mot, pour te dire comment est la vie, depuis samedi. Il a fait beau tu sais, les colchiques sont sorties dans le jardin. Tu ne les as pas vues parce que tu étais toute branchée et tuyautée de partout, je pense. Dans une chambre d'hopital ou ta famille comprenait que tu allais lacher prise sur la vie.

Il faisait beau, et comme le printemps c'est bientot, il était temps de se saisir du sécateur pour tailler un peu ce qui dépasse, ce qui est faiblard, ce qui pousse de travers. Ton mari est passé en voiture, un peu plus tard, alors que nous avions déjà appris que tu n'étais plus là. Lui se fout bien de tailler les branches.

Nous avons pris notre café dehors, nous réjouissant de cette belle journée. A deux maisons de chez moi, c'était sans doute un autre drame chez toi.

Dimanche a été calme - une corvée de bois, un repas en famille, les enfants ont joué dehors - le quotidien ne lache pas prise lui, il attend qu'on le prenne à bras le corps, que tu sois là ou plus. Il fallait faire la vaisselle et trier du linge, mais tu n'étais plus là pour le voir. Tu n'as plus à t'en préoccuper. La vie continue, malgré ton absence.

Le corps enseignant a fait son travail en informant les enfants de ta mort. Si les petits t'ont peu connue, les grands ont parait il plus réagi.

Les petits ont proposé de te faire un dessin. Tu l'auras mercredi.