Sécotine and so on

11 septembre 2011

Those september days ...

De la fête, il reste quelques moulins à vent, battus par l'humidité matinale, avachis sur la table de jardin. Il reste quelques pots en zinc, ou ceux en vichy rose, à demi vidés de leur sable jaune, parfois couchés dans le gravier. Reliquats des lendemains, lorsque l'ambiance est retombée.

Oui la fête est finie, Septembre a embrayé rapidement, poussant Août vers la sortie. Septembre avait pris ses aises à l'avance, dénudant comme chaque année les peupliers en premier. Les matinées sont plus fraiches lorsque l'instituteur nous accueille à l'école. Des têtes nouvelles, des enfants aux prénoms exotiques qui pleurent - ce sont les petites sections de maternelle. Le rythme reprend, hélas, inexorable.

Les bureaux sont à nouveau remplis de collaborateurs affairés, les salles de réunion ne désemplissent pas. Les formulaires d'incription et autres fiches de renseignement se bousculent, pressés d'être gribouillées. On leur confiera des renseignements intimes - allergie à tel produit - vaccinations à jour - ok, R.A.S., tout va bien circulez -

Comme juin - penser à tout, n'oublier rien.

Accueillir Septembre - la grande ouverture vers la fin d'année.

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30 août 2011

C'était samedi.

Ce fut une belle journée.


Il y a eu des amis, arrivés à l'avance. Ceux que l'on accueille vers une heure du matin, sur la terrasse, enrobée dans un trop grand pull. Ils débarquent de l'avion et seront de la fête.
Il y a eu des préparatifs, le plaisir de se retrouver ensemble et rayer, une à une, toutes les lignes du tableau Veleda en forme de checklist.
Il y a eu des confidences autour de l'évier, des bouteilles de Bourgogne ouvertes et l'amitié, à table avec nous.
Il y a eu ces autres amies, débarquées la veille du jour J. Aucune ne se connaissait, et pourtant, les liens se sont tissés instantanément, comme si elles n'attendaient que ça.
Il y a eu des zinnias coupés, arrangés dans mille vases.
Il y a eu ces derniers essayages entre filles, un peu de pudeur, un peu d'embarras, des gloussement, des compliments et des rires, l'excitation du grand jour à venir.
Il y a eu ces guirlandes de fanions en papier, patiemment collées, enroulées, déroulées, démélées.
Ces moulins à vent aussi, fragiles papillons plantés dans des seaux de sable jaune.
Il y a eu des trombes de pluie, et une confiance sereine en les prévisions de la météo. Demain, il ferait beau.

Et puis ce fut samedi. Dernières installations, le chronomètre en main. La salle de bains qui ne désemplit pas et la maison, grande ouverte, accueille les invités avant la cérémonie. Il est temps d'y aller, parapluie en main.
La salle est comble et tout le monde applaudit. Les chaises devant sont pour nous. Des clins d'oeil aux enfants assis devant pour détourner l'émotion qui monte. Un ami qui lit des textes officiels, alors que c'est désormais très dur de rester serein. Deux Oui, et encore des applaudissements.

Ensuite, il y a eu une cour d'école humide des restes des averses. Elles ont compris : elles ne sont plus les bienvenues. Des embrassades, des salutations, des sourires, des enfants qui s'accrochent et des compliments. Il y a eu tous ces visages amis, chers et précieux, autour de nous.
Il y a eu le soleil, il y a eu de la musique.
Il y a eu l'installation de cet immense pique nique, la convivialité a ajusté le plan de table.
Il y a eu des amitiés fraichement liées et ce jour là, inséparables.
Il y a eu de l'émotion et beaucoup, beaucoup d'amour.

C'était samedi, c'était bien...

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15 août 2011

Télégramme d'ici

Les vacances sont finies depuis longtemps.
Elles furent immobiles, explorant la maison les jours de pluie. Et ils furent nombreux.
La langueur du bureau m'incite à écouter de la musique ma porte fermée, pieds nus sur la moquette fraiche. Personne ne viendra me déranger, aujourd'hui.
Ils ont encore grandi. Elle parle comme un livre du haut de ses deux ans. Il nous pousse dans nos retranchements, le plus souvent. Il faut argumenter, comme dans un rêve, avec ce poucet de cinq ans.
Pour les distraire et les savourer, une nuit en montagne à quatre sous une petite tente. C'était pleine lune ce soir là, ils s'endormirent tard et nous avec. Nous nous réveillâmes tous tôt. En redescendant, elle a eu peur des vaches qui montaient brouter pour la journée. Lui voulait acheter du sérac au habert, mais c'était trop tôt.
Des détails se règlent pour cette fête à venir : quelle est la durée de vie des fleurs de carotte sauvage dans les vases Ikéa, comment suspendre les moulins à vent dans les platanes ? Les zinnias et les cosmos seront ils tous fleuris à temps ?
Les tomates n'ont rien donné cet été, à peine de quoi faire une petite session de coulis. Vite congelé, il sera consommé avant l'hiver, c'est sur. Les poires sont sucrées, il faut les disputer aux abeilles.
Les travaux n'ont pas avancé mais tant pis, on verra plus tard. Dans quelques semaines, lorsque l'été sera passé. Un autre été, une autre année.

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27 juillet 2011

Baby/boom/rock/and/roll

Les billets étaient là, au chaud dans ma main. Ils avaient fait tapisserie depuis si longtemps, accrochés par une bête pince à linge sur ce grand vase en verre qui n'accueille jamais rien. Au milieu du salon, dans leur emballage criard, ils attendaient depuis Noël la date lointaine du 26 juillet.

Maintenant, ils étaient là, dans ma main. Il y en avait trois, un pour moi, un pour lui, un pour un ami. J'attendais devant ce gros camion rouge de tournée à l'entrée du théatre, j'attendais les garçons qui étaient allés loin garer la voiture. La météo avait prévu de la pluie, scénario insensé lorsque j'avais acheté, fébrile, ces billets de concert à Noël. La dernière séance d'Eddy Mitchell.

En attendant mes trentenaires, le reste du public défilait devant moi, se pressant vers l'entrée pour vite, s'installer sur la pierre du théatre de Vienne. Endroit magique s'il en est, le théatre antique de Vienne est l'enveloppe dorée du bonbon qu'est le concert, promesse luxueuse d'une belle soirée. Acoustique excellente, on ne voit que rarement de mauvaises prestations là dedans.

Le reste du public défilait, et à l'unisson de cette Dernière Séance, je voyais devant moi la génération du baby boom entrer dans l'enceinte. Baby boomers parfois un peu voutés, le crâne dégarni et le genou un peu raide, c'est Colette, Bernard, Jacqueline, Jean-Paul et Marie-Thé qui se faisaient des signes pour se rejoindre. Coude ridé, permanentes parfois fanées, la petite laine et les Méphisto étaient de sortie. Certains un peu plus fringants, arboraient le cheveu un peu plus long, la chaussure bateau revenue à la mode et la liquette corail pour Madame. Je souriais, les baby boomers étaient là, sous la couche de vernis des années, ils revenaient voir Eddy des Chaussettes Noires, celui qui chante "J'ai oublié de l'oublier", "a crédit et en stéréo", "Alice".

Oui, une frange de Salut Les Copains était juste devant moi, frais retraités de l'Education Nationale, ex-employés de la Préfecture, dentistes, tous aussi respectables, généralement promus grands parents et responsables dans ce rôle. Bernard le bedonnant fut, jadis, fringant dans son pantalon taille slim, Christiane arborait une choucroute et des robes courtes à la Courrèges avant de porter, comme nombreux de sa génération, ses lunettes sans montures et ses tennis TBS pour être à l'aise ce soir là. Le grain de folie qui les avait animés après guerre avait -extérieurement- fait place à la sagesse. Les I-phones et autres sésames communicants furent dégainés pour capturer l'instant, fantaisies de jeunesse.

Eddy fut naturellement à la hauteur, son public chanta, sans doute plus sagemment qu'il y a 40 ans. Eddy ne revint pas malgré les rappels énergiques, et ce fut bien dommage, mais peut être ne souhaitait il pas s'apesantir.

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14 juin 2011

Where I belong, le long de la route laide

Il y a des années, j'avais pris cette route. Elle allait de la ville ou j'étudiais jusqu'à chez mes parents. Ce n'était pas celle que je prenais habituellement. Mais ce vendredi soir là, j'avais essayé.

Cette nationale un peu tordue m'avait semblé lugubre, glauque, ces traversées de village sombres et inhospitalières. J'avançais vite sur la route, pour mieux la quitter et ne plus jamais la ré-emprunter. Sa cousine, sur l'autre versant de la vallée, offrait un paysage bien plus riant pour le même prix et le même itinéraire.

Beurk. Non, c'étiat bien fini, celle là, je ne voulais plus en entendre parler.

Alors je lui préférais celle coté Chartreuse, bien plus mignonne, agréable avec ces vergers printaniers et ses hameaux léchés. Dans un sens comme dans l'autre, je la connaissais par coeur.  Dans ma tête d'étudiante, je me disais qu'habiter cette vallée n'était sans doute pas désagréable.
Prémonition.

Des années plus tard, c'est à dire ce soir, je me suis retrouvée sur la route laide. Pour une énième fois. Elle me conduit chez mes amis. Ceux qui me prêtent leur jardin, plus grand que le mien, plus en friche que le mien, pour quelques expériences de jardin. Ce soir, j'ai regardé Chartreuse depuis l'autre versant de la vallée. Une fois encore, j'étais au volant d'une voiture bien plus moderne que celle que je conduisais il y a 15 ans. Ce soir j'ai souri, en me disant que oui, j'avais creusé mon trou dans cette vallée, sur son versant moins hospitalier et plus sombre, celui que j'avais détesté. Ce soir, je connaissais par coeur cette route plus laide qui me conduisait chez ces amis.
Des amis, ici, dans ce village disloqué qui se traine à n'en plus finir sur des kilomètres, bien loin des coquets vergers.
D'autres amis, dans le village d'après, pas plus pimpant avec ses maisons en pierre noire agglutinées sur le bord de la nationale souillée de gaz d'échappement.

Les façades ne sont pas proprettes, les rues tortueuses et le patrimoine mal entretenu ou peu mis en valeur. Mais j'apprends à aimer cet endroit, parce que c'est là que je vis. Parce que cet abandon est plus que souvent touchant, les rideaux sales masquant la vitrine obsolète d'une autrefois supérette "l'étoile des alpes". Le centre culturel érigé du temps de Malraux, et cette vieille fierté ouvrière encore présente - même si les usines ne sont plus que souvenirs, et les chomeurs légion. La poésie est un peu plus cachée, moins évidente que sur les maisons de maitre aux crépis tout neufs.

Mon histoire ici, le long de la route laide se construit jour après jour, lon y tisse notre vie et on s'y fait des amis. Les anciens du village n'arrivent pas à croire que cela fait déjà cinq ans qu'on est là. Eh ben mon vieux...

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13 juin 2011

Mercredi soir

Ca se passe le mercredi soir. Soirée un peu écourtée, il faut penser à un peu plus de choses que d'ordinaire et surtout, penser à l'heure. Au sac à emmener. Serviette, équipement. Une voiture s'arrête devant chez moi, c'est l'heure d'un rapide au revoir et nous partons. Quelques discussions dans la voiture, qui rarement me concernent. Sortie de village, ligne droite, on est presque arrivées.

Le gymnase n'est pas toujours ouvert. On entre, il faut traverser le couloir glauque, puis la salle ou les filles font leur gym dans une ambiance Véronique et Davina.
Je n'ai pas toujours envie d'être là, je ne suis pas toujours motivée. L'échauffement commence, il est de bonne humeur et nous fait courir sur une playlist techno. Puis les exercices démrarrent pour de vrai, je suis hors d'haleine et en sueur. Nous sommes sensés gérer notre effort, ne pas se claquer trop vite. Celui qui nous dit ça est un compétiteur, il sait faire. Moi, moins, je ne suis pas une sportive, je ne suis pas comme mes voisines, marathonienne ou volleyeuse. Deux ou trois baches fusent, c'est de bonne guerre. J'apprendrai au cours de l'année que l'ambiance musicale du mercredi soir est à mettre au crédit des stars jetables du R&B et de la techno en top des ventes pour quelques semaines. C'est la seule et première fois de ma vie que j'écoute Rihanna, Lady Gaga et Black Eyed Peas, je crois.

J'ai mal aux abdos, j'abdique, je découvre que oui, mes biceps sont bien là et mes triceps me font mal. Une minute de gainage c'est long et je suis contente de voir arriver les étirements.

A la fin de l'heure, il y a toujours ce petit flottement ou les garçons comparent leur I-pho** et ou nous alternons les passages à la douche. On discute d'un peu tout et de rien, de ce monde que j'ignore, fait d'entrainements, de compétitions, de formations en tout genre, rythmé de week-end en week-end par la découverte des gymnases d'Europe.

En ce moment, nous restons un peu plus longtemps parce qu'il a un peu besoin de parler - d'autre chose que le flockage des tenues ou des comptes du club. Alors le retour à la maison se fait plus tard et dans la voiture au retour, les langues se délient un peu. Il n'est plus question d'entraineur maladroit, de passer prendre les filles pour le prochain tournoi. Les mots sont plus lourds. Hôpital, traitement. Un autre genre de combat. La légèreté du mercredi soir a disparu, on a basculé de monde.

Mercredi prochain, il n'y a pas entrainement. On se revoit dans quinze jours.

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27 mai 2011

PiaPia, etc...

La première fois que nous avons fait les pia-pias, ma toute petite et moi, c'était dans les rayons flambants neufs d'un H&M que nous parcourions en hiver, notre première virée shopping entre filles. Elle avait peut être un an et demi, et au milieu des étoffes chamarrées et de l'ambiance gonzesse, je lui ai dit "tu sais ma chérie, c'est comme ça que font les vraies filles : et pia-pia-pia, et pia-pia-pia". Le son lui a plu, et de toute sa hauteur elle s'est mise à piailler, elle aussi, dans ce temple de la féminité à bon marché made in Cambodia.

Depuis, nous faisons parfois les piapias, toutes les deux. A deux ans désormais, elle tend parfois son petit index pour recueillir une mini goutte de crème hydratante qu'elle étale consciencieusement sur des deux joues, et répète "sur le front" "sur le menton". Le reste du temps, elle rafle les camions et tracteurs de son frère, grimpe sur le toboggan et salit une robe par jour.

C'est finalement elle qui me guide sur la voie de la "piapiatittude" que je n'ai jamais empruntée. Je me demandais comment être la mère d'une fille, finalement c'est elle qui m'apprend. Rien de neuf sous le soleil, sauf mon propre étonnement à taper ce message avec des ongles laqués de rouge Chanel, ce matin.

Et même, je trouve cela joli.

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10 mai 2011

Quinze ans après

Quinze ans après, la route est toujours si longue pour rejoindre la côte picarde.
Le chateau d'eau accueille toujours le visiteur - et au détour d'une priorité à droite, on remonte enfin l'avenue de la plage, toute droite, comme on remonte la nef de Westminster. Au bout, au choix, le Prince William ou la Mer. Touché.

Quinze ans plus tard, les maisons sont petites. Quinze ans plus tot, c'est moi qui l'étais.

Quinze ans plus tard, la mer est toujours aussi loin, et le sable est toujours aussi doux.

Quinze ans plus tard, les villas du bord de mer, toutes serrées les unes contre les autres, n'ont pas changé de nom, pas pris une ride. Stella Maris est toujours à sa place.

Quinze ans plus tard, on n'a plus le droit de marcher dans les dunes, mais on le fait quand même. Pour le folklore.

Quinze ans plus tard, on ramasse toujours autant de silex. Quinze ans plus tard, les gens sont vraiment obèses sur la plage.

Quinze ans plus tard, les oyats piquent toujours autant les mollets.

Quinze ans plus tard, ce sont mes enfants que je vois courir sur la plage. Faire des chateaux de sable et chercher vainement des crevettes dans la mer.

Quinze ans plus tard, le bazar "Au vent du large" est toujours le même, gai maelström de seaux en plastiques, de serviettes de plage à l'effigie de Johnny et de ravissants petits moulages en forme de bouée pour accrocher sur la porte des vécés.

Quinze ans plus tard. Je suis heureuse d'y revenir.
Il faut repartir, cependant.

Nous disons au revoir à la mer et lui tournons le dos, jusqu'à une prochaine fois. Au retour, le grand rangement occupe tout le monde, grains de sable évacués des sièges de voiture, coquilles de palourde entassées pour rien. Les machines de linge sont étendues. Une semaine de vacances et de souvenirs pastels sur un grand tancarville.

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17 avril 2011

Rien sur Guingamp

Il y a des phases un peu bizarres ... Bien avant Noël, la coïncidence faisait que ma tête touchait l'oreiller le soir au moment ou Jacques Vendroux égrénait les résultats des matches de foot. Etrange rendez vous, un peu agaçant même pour moi qui n'ai aucun intérêt dans ce sport.
Etonnamment, c'était le club de Guingamp qui revenait régulièrement à mes oreilles. Guingamp a gagné, Guingamp a battu, Guingamp a perdu.

Ignorant tout du club, de la ville même, ce rendez vous tardif prenait des airs un peu cocasses, une private joke partagée avec ma moitié presque endormie. On finissait même par se poser la rituelle question "alors, Guingamp a fait quoi ce weekend ?". Clin d'oeil amusé.

Noël arriva, et dans la hotte du Père éponyme, un porte clef à l'effigie du club de foot de Guingamp que j'offrai à l'homme qui partage ma vie. Peu avant le rituel déballage sur fond de cantiques, la petite enveloppe colissimo me parvint, dans laquelle se trouvait le porte clef rouge et noir, ainsi que, gracieusement offert, l'agenda 2011 du club.

Trop heureuse de ma blague, je feuilletai le bouquin, une page pour les annonceurs locaux (entreprise de nettoyage, élagueur, pizzeria locale, tous avaient voix au chapitre) et une page par joueur, décrivant toutes les caractéristiques de ceux qui portaient haut les couleurs rouge et noir d'un club breton, ainsi que la place pour insérer un petit autographe, lorsque le fan se trouvait à portée de bic d'un des joueurs.

A la lecture des pages du petit agenda, ma blague se mua en curiosité et réel intérêt sur la ferveur footbalistique de Guingamp, ce club de Nationale (je l'apprenai au passage) bien loin de mon quotidien.

Le slogan du club "en avant Guingamp" prenait finalement tout son sens, et j'y trouvais une certaine logique.

Depuis Noël et l'apparition du porte clef rouge et noir dans notre maison, je ne me couche plus jamais sans prêter une oreille attentive à Jacques Vendroux tard le soir, pour réellement savoir "combien a fait Guingamp ce weekend".
Ils vont peut être monter en Ligue 2, j'en suis contente.

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12 avril 2011

Ambivalence ...

Lorsque c'est arrivé, j'écoutais ce jour là en boucle un titre de Yelle (si !) pimpant et léger qui me rappelait mon premier Lio, "Amoureux solitaires", reçu en cadeau de Noël en ... 1982, peut être. Voguant entre mes dossiers et ces réminiscences de mon mange disque sur la moquette verte de la chambre de mes parents, crachotant un aigrelet "eh toi dis moi que tu m'aimes"...

Entrainée, presque enivrée de cet air gentillet me rappelant une douillette enfance, je regardais en même temps et avec un malaise certain ces images de tsunami qui arrivaient sur le net, presque en direct. A l'autre bout du monde.

Plus tard, c'est presque "en dehors de moi" que j'ai expliqué à mon fils que non, nous n'allions pas tous mourir parce qu'une centrale nucléaire explosait au Japon. Corrigeant ainsi les propos maladroits qu'il avait entendu le midi même de la bouche d'un adulte qui, c'est certain, ne voulait pas de mal à ce petit garçon de quatre ans et demi au regard bleu et à l'imaginaire débordant.
Comment l'empêcher, dans les jours radieux qui ont suivi, d'aller jouer dans le jardin insolent de sève, avec une petite soeur très Carrie Ingalls ? Au moment où, à n'en pas douter, de l'autre bout du monde arrivait un impalpable nuage radioactif.

Comment ne pas relire, juste un peu, les extraits de ce livre de Svetlana Alexievitch "La Supplication", qui m'a fait si mal ?

Les moments de bonheur sont petits, fugaces, ne laissent pas de trace immédiate. Sont transparents et furtifs. C'est tout de suite.

La pivoine donnera pour la première fois cette année, une fleur. Les renoncules grandissent, les projets avancent et le café a toujours ce gout inexplicable au bureau. A l'aube de ses cinq ans, il est parti pour la première fois en classe de découvertes avec son école, elle a sauté de joie lorsque je lui ai dit ce soir, que nous allions faire les magasins toutes les deux pour lui trouver une paire de chaussures.
Voila.

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