Toujours la musique m'accompagne. Elle rythme le déroulement des années, des saisons, s'imprime sur des moments de ma vie. L'écoute jusqu'à l'overdose des albums que j'aime énerve mon entourage, lorsque la platine joue le CD en boucle jusqu'à l'usure.

Aussi, les traversées du désert musicales me rendent un peu orphelines. Un peu toute nue, pas un morceau à fredonner de la journée. J'ai beau rechercher dans mes étagères, non, aucun disque ne trouve grâce à mes yeux. Aucune nouvelle sortie ne m'émoustille, et puis je suis du genre à être à retardement. Pour les films comme pour les disques. Cet hiver, je n'ai pas trouvé d'alter ego musical pour m'accompagner dans ces courtes journées, l'humeur sombre et le temps blafard.

Peut être n'étais je tout simplement pas d'humeur.

On avait annoncé le deuxième album de Boulbar, que j'attendais avec délices.
Et puis Lee Fields a sorti un nouvel opus, sur le tard.
Et enfin Aloe Blacc, que j'avais dans le collimateur depuis un moment.

Tout m'a réjoui, Boulbar d'abord. Touchée, une fois encore, par la poésie visuelle des chansons, emportée moi aussi dans cette errance américaine. Presque un album de souvenirs. Séduite par cette maturité qui prend de la place, après l'opus que j'avais aimé "Requiem pour un champion". J'y ai presque parfois retrouvé un peu de Benjamin Biolay, avant qu'il soit le it-chanteur du moment.

Aloe Blacc ensuite, qui m'avait attirée il y a quelques temps, et puis les vieux démons anti consuméristes avaient repris le dessus : "qui te dit que tu aimerais tout l'album, par delà ces quelques titres connus ?". Et puis finalement, Aloe Blacc mérite bien une place de choix dans mes coups de coeur soul. Propre, sautillant, et costume blanc. Tout à fait bien, et tout à fait entêtant.

Enfin, et sur les conseils du vendeur (qui m'a déniché l'opus d'Aloe Blacc, introuvable dans les bacs), Lee Fields qui signe une soul toute aussi contemporaine, avec tout l'esprit motown mais sans ce trop plein d'énrgie qui, au final, me lasse un peu.

Les trois disques tournent en boucle sur la platine, vous voyez, je suis en plein trip US, et comme souvent : j'aime ça.