22 décembre 2008
blancs...
J'aime ces non-périodes qui précèdent ou succèdent immédiatement aux fêtes, ces jours entre deux eaux ou seuls les oubliés des congés payés restent au bureau.
J'aime ces espèces de moment un peu hors du temps, hors du rythme ou la connivence fait les rapprochements. Ces moments de blanc au bureau, entre deux dindes et trois papillotes ou l'on range les dossiers, ou l'on se met à jour et ou l'on archive.
Pas de bousculade à la machine à café le matin, tout est en suspens en attendant le retour de machin en vacances jusqu'au 5.
La photocopieuse est moins active, les journées allégées comme un café à l'aspartame. On écoute de la musique, on est facilement distrait par des conversations qui n'ont rien de professionnel.
Des ritournelles en accord avec ce mode "pause", "blanc" qui ne durera qu'un temps. Loin de l'effervescence habituelle, loin du trop plein d'agitation, j'aime travailler les 24 et 31 décembre. On peut même se permettre de partir un peu plus tot le soir.
Les couloirs sont étrangement vides et les bureaux anormalement calmes, j'aime ces points de suspension ou toutes les phrases disent "on verra après les fêtes".
Petites parenthèses blanches et vides ou rien ne fonctionne, rien n'avance, le navire amiral de l'entreprise vogue comme une coquille vide sur les flots incertains d'un calendrier à la dérive.
Quelques figurants maintiennent un semblant de vie, en points de suspension, comme pour dire "business as usual" ...
31 octobre 2008
Rencontres du 3ème type
Un post léger pour aborder le week-end.
Il s’agit d’examiner à la loupe les toilettes de nos chères sociétés, celles qui nous emploient, qui nous salarient et nous font –accessoirement- manger chaque mois, payer les factures et rembourser les prêts.
L’idée m’est venue ce matin, alors que je franchissais pour la première fois de la journée la porte des lieux d’aisance de mon bureau, neufs et high tech. Capteurs de mouvement pour allumer la lumière, sol en carrelage anthracite, miroir immense, poignées sablées. Un peu la classe.
On ne sait jamais qui on croisera. Sa collègue ? La fille du marketing dont on ne sait pas le nom ? Voire … Sa cheffe ?
S’ensuivent tous les petits subterfuges qui s’organisent, discrètement mais indéniablement, à ce moment là.
Discret, oui, on l’est : les murs, quoi que cossus, laissent tout de même échapper mille sons d’un emplacement à l’autre. Dans un presque religieux silence, on peut malgré soi entendre, sinon guetter les bruits de sa voisine.
On passe peu de temps devant le miroir, de peur de se faire pécho par quelqu’un d’autre.
On espère que la chasse d’eau fonctionnera correctement – sans pour autant prendre le temps de la tester a priori.
On sait qui se lave les mains après – et qui ne le fait pas.
Parfois jouer sur le temps : sortira t elle avant moi ? Ou je me dépêche pour la prendre de vitesse ?
Que dire du rouleau essuie-main, lorsque malencontreusement on en utilise les derniers centimètres, au moment ou une autre collègue arrive ?
Parfois, dans des structures plus modestes, les toilettes sont mixtes. Il est parfois abominable d’y mettre les pieds.
Parfois, elles sont occupées à horaires fixes. Il faut ensuite garder son sérieux avec un supérieur hiérarchique dont on aura deviné quelques très intimes habitudes.
Parfois on surprend cette jeune cadre très dynamique brosser ses dents (forcément qui rayent le plancher) avec acharnement après le déjeuner, telle une pensionnaire appliquée. La bouche pleine de dentifrice, elle vous gratifie d’un Hello en veillant à ne pas en répandre sur son carré Hermès.
Parfois on se demande ce que peut bien penser le type dont le bureau est juste en face de la porte « Dames » et qui vous voit passer 50 fois par jour. Pense t il seulement quelque chose ?
Oui les toilettes sont des lieux de rencontre du 3ème type. Saugrenues. Incongrues. Abominables.
10 octobre 2008
Victoire !
Parfois, des vieux rêves se réalisent. Des tabous qu’on transgresse, un sourire insolent aux lèvres et un air de victoire discrète, mais bien présente, affichée.
C’est comme ça que jeudi, je suis allée bosser avec des Converse aux pieds. Les toutes neuves, blanches en toile.
Avec un jean.
Et ce n’était pas un jour ou mon/ma chef/fe était absente. Non, pas un acte de rébellion un peu caché. Comme on fredonne tout doucement une chanson paillarde à la messe.
Assumé. Au milieu de mes collègues à la machine à café. Entre les filles pomponnées, de noir vêtues avec talons intégrés, les mèches blondes parfaites, et le département technique, portant jean fatigué et pull en jacquard avachi.
Des Converse toutes blanches avec un jean bien clean. Je sais, on a les limites qu'on se fixe, mais le dress code d'une entreprise ne se transgresse pas toujours avec facilité.
Victoire !