23 septembre 2009
Etre et avoir, faire et aimer
J’ai été élevée avec une drôle d’image du travail. J’ai longtemps associé le travail avec un poids immuable, pénible, accompagné des soupirs paternels lorsqu’il fallait « y retourner ».
Les week-ends, eux, servaient à un repos inexorable, indissociable de la sieste paternelle. Sieste qui durait les deux jours pleins.
Bref, longtemps, j’ai pensé que travailler, c’était une croix.
Je n’ai pas été élevée dans le culte du « fais ce que tu aimes », « choisis un métier en fonction des matières que tu préfères, de tes aspirations profondes ». Non. On m’a dit « il faut que tu subviennes à tes besoins toute seule, alors il te faut un métier qui rapporte ». Alors, pour obéir aux injonctions paternelles, j’ai suivi le chemin qu’il avait tout tracé pour moi, à une ou deux entorses près.
Avec la réminiscence des soupirs de mon père, je me suis engagée sur la voie du Travail, celui qui allait ruiner mes jours mais me permettrait de vivre pas trop mal.
J’avais plutôt bien commencé, pourtant. Je trouvais même parfois cela intéressant.
Il ne me venait pas à l’esprit qu’on pouvait réellement aimer ce qu’on faisait, au moins 8 heures par jour.
Il ne me venait pas à l’esprit qu’un travail, c’est aussi parfois ailleurs que dans un bureau, avec des horaires de bureau et dans un contexte autre que la vie d’une entreprise, ou d’une administration.
Après avoir un peu, beaucoup dérivé professionnellement, et définitivement ruiné mes possibilités d’avoir un travail « qui rapporte », j’ai subitement découvert une autre facette de la voie professionnelle.
Travailler, ça peut être ailleurs que dans un bureau – sur des horaires bizarres. Ce n’est pas toujours charrier avec soi des tableaux Excel dans des pochettes en carton, rendre des comptes à un chef sous forme d’objectifs plus ou moins atteints.
J’ai découvert qu’on pouvait être payée pour sa créativité. Son originalité. Pour sa plume. Pour autre chose.
Pour faire ce qu’on aime. Ce dans quoi on est bon.
Cela fut une sorte de révélation – un Graal entrevu, à défaut d’être réellement atteint.
Aujourd’hui, je suis dans un bureau, avec des horaires de bureau à respecter scrupuleusement et des tableaux Excel dans des pochettes en carton et des comptes à rendre à un supérieur hiérarchique. Mon eldorado professionnel s’est éloigné, sans véritable espoir de retour.
Ce que je fais chaque jour, ce pour quoi on me paie, n’est nullement le domaine ou je suis performante.
A vrai dire, je suis certainement assez médiocre, au poste que j’occupe. Et en plus, ça ne « rapporte pas ».
Je sais maintenant qu’il existe un ailleurs – pas à ma portée, hélas. Je me cantonne donc à un vague subalterne, peu engageant mais sécurisant, qui paie les factures …
Les soupirs paternels peuvent planer – je tacherai de ne pas les transmettre …
18 septembre 2009
Vide Grenier
Dimanche dernier, chez moi, il y avait un vide grenier. Un peu tard dans la saison, là où ces déballages amateurs abondent au printemps.
Promesses de trésors imprévus, donc riches de leur rareté, ces journées de chine me laissent toujours un goût bizarre.
La pudeur m’empêche d’aller farfouiller franchement dans les entrailles et les souvenirs étalés là, parfois presque impudiquement par des familles pressées d’arrondir un peu leur portefeuille. Généralement, je ne cherche rien en particulier. J’attends le coup de cœur, l’objet qui me fera ouvrir mon porte-monnaie sans limite.
Dimanche, chez moi, mes voisins ont étalé leur vie dans la cour de l’école. Ces mêmes mamans qui, la veille, attendaient leurs enfants à 16h30 étaient installées là, entre les camping-cars Barbie, les jeux Dora l’Exploratrice et les vestes polaires fatiguées, attendant preneur.
Dimanche, les enfants ont bousculé les adultes en zigzaguant sur leurs trottinettes dans la cour de l’école autour des platanes.
Dimanche, c’était très bon enfant.
Rien à voir avec l’organisation quasi militaire, frôlant la perfection, qui transfigure le paysage ces jours ci dans la zone industrielle ou je travaille.
Là aussi, dimanche, il y aura vide grenier. Mais ici, on dit « brocante », c’est déjà un peu plus chic. Ici, les parcours sont d’ores et déjà fléchés, balisés, les barrières installées. Tout change, cela dépend de quel coté de la vallée on habite. Mais si j’ai le temps, je viendrai faire un tour.
11 septembre 2009
Cynisme
... Avec la crise et les mesures de chômage technique, il y a moins de bouchons le matin sur la route.
Je suis plus facilement à l'heure au bureau ...
06 septembre 2009
Le retour des vacances ...
Narquoise, j'attendais la rentrée pour vous parler de vacances ... D'abord parce que c'est presque du foutage de gueule -- mais aussi parce qu'avec la rentrée, vous seriez sans doute plus nombreuses à lire ce billet là.
Les vacances, ce sont celles de Mademoiselle So.
Mademoiselle So, c'est mon amie dans la "vraie vie".
Mademoiselle So, elle parcourt le globe et revient toujours à son port d'attache.
Mademoiselle So, elle va dans des endroits incroyables, comme là par exemple.
Mademoiselle So, en ce moment, elle expérimente un autre genre de ... vacances ...
Je vous laisse aller découvrir son parcours de globe trotter, c'est par ici...
04 septembre 2009
Un Nouveau monde
C’était irréel. J’avais beau me pincer, il m’était impossible de me convaincre que la personne devant le portail de l’école maternelle, c’était moi.
A ma main, un enfant piaffant d’impatience d’entrer dans le système, de goûter pour la première fois les joies d’une vie en collectivité.
L’enfant, habitué des sorties d’école par l’entremise de sa nounou, me montrait la voie.
L’entrée minuscule de la maternelle était pleine de mamans familières du système. Parlant couramment le langage école, elles sortaient les affaires de leurs petits avec une fluidité de geste qui n’était pas mienne.
Mais mon enfant, à moi, me montrait la voie.
Seul, il a trouvé sa place sur le banc.
Seul, il a quitté ses chaussures pour les ranger à l’endroit indiqué.
Seul, il a enfilé ses chaussons, et
Seul, il est entré en classe sous le regard de l’institutrice.
Ebahie, j’ai assisté, spectatrice, à la mue de mon « tout petit » en « enfant scolarisé ». En marge du processus, j’ai vu éclore devant moi, ce monde neuf et pourtant vieux comme Hérode.
Désormais il me faut apprendre. Le carnet de correspondance. Les papiers à fournir. L’équipement à marquer de son nom.
Remplacer dans le langage, « l’heure des mamans », expression très en vogue dans les cours de récré des années 80, par « l’heure des parents », beaucoup plus égalitaire et politiquement correcte.
La nouvelle élève, dans l’histoire, c’est moi…