Sécotine and so on

blablabli, et blablabla...

17 mars 2009

Je ne dors pas

C'est un fait. Je ne dors pas. La quiétude des fins de journées et la douce plongée vers une nuit réparatrice se sont envolées au profit des insomnies.

Elles me hantent, elles m'habitent depuis plus d'un mois déjà. Si tout va bien, cela devrait encore durer un peu.

A l'heure ou la maison plonge dans la nuit, ou les respirations s'apaisent et ou le souffle se fait régulier, je tourne encore un peu avant de me relever, déjà agacée de ce départ de nuit raté.
Le plus simple est de quitter le matelas moelleux pour ne pas trop déranger ceux qui flirtent avec Morphée.
Changer d'étage. Envoyer voler quelques coussins de canapé et allumer mon ordinateur, pour vous lire nuitamment.

Parfois laisser un commentaire à une heure indue, parfois pas. Errer un peu avant de décider que mon corps, un peu calmé, saura sans doute profiter des heures qui restent avant l'aube. Il est généralement 1h ou 2 passées.

Le décompte des heures avant le réveil se fait, inexorable, supplice chinois de la goutte d'eau.

Je cale quelques toutes petites heures de mauvais sommeil avant la deuxième salve d'éveil de la nuit. Excédée par ce corps qui refuse le repos, parfois habitée de dossiers professionnels, je regarde cynique et presque masochiste les aiguilles de l'horloge tourner sans faille.

Il est généralement trop tard pour me rendormir pleinement, c'est l'épuisement qui prend le relais pour ce qui reste à courir avant le retour du monde au jour, à la lumière et à cette journée qui démarre. Etonnamment, j'enchaine presque gaiement les débuts de journée, moi même époustouflée de ce que mon organisme est capable d'encaisser.

Jusqu'à l'abattement, le coup de mou, l'incontournable coup de fatigue, celui qui irrite, qui rend la journée de travail plus longue et l'entourage plus difficile à supporter. Les petites contrariétés du tableau Excel qui n'avance pas plus vite, les pages internet qui rament, les conversions de fichiers et les contre-ordres me semblent de plus en plus agaçants.

Après cette journée-ci, en démarre une autre, celle que les mamans connaissent, celle qui actuellement est lourde à tout points de vue. Et puis revient la soirée.

Et encore la nuit. Insoutenable aussi, à force d'être légère. Trop légère.

Posté par Secotine and so à 08:19 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 mars 2009

Le miroir et moi

Un tour dans le Powder Room ... à la demande d'Emmanuelle ... Vous n'allez pas être déçues !
Chronique du matin, donc.

Le réveil sonne. Automate, je me lève et déblaie mes cheveux de ma vue. Il est forcément trop tot.
Arrivée à la salle de bains, l'eau coule dans la douche. Ma myopie embellit forcément la vue de l'endroit, pourtant assez réussi au demeurant. Petits arrangements avec un ménage aps fait et des joints de mosaïque pas nickels. Le premier gel douche qui me tombe sous la main fera l'affaire. La douche en regorge. Idem avec les shampoings. Il n'y a qu'à choisir. Frotter rincer. C'est tout. Pas de gommage, pas de crème, rien d'ostentatoire. Une prédilection pour les promotions du supermarché local, donc un stock de Petit Marseillais somme toute ... Impressionnant.

Un peignoire chaud, et un état des lieux devant le miroir. Tout est flou, mes lunettes sont encore loin à cette heure-ci. Tant mieux. Le tube vert, à gauche sur l'étagère, est un peu léger. Va falloir en racheter. Dessus ... De mémoire, il est marqué "Uriage" et des tas de mots choisis avec soin par une équipe marketing qui estime, dans un vocabulaire approximatif, que "je le vaux bien". Une noisette du fluide blanc tartiné sur les joues-le front-le menton. On rebouche le tube.

C'est tout.

Séance habillage alors que la valse des garçons prend place dans la salle de bains. Pour ma part, la préparation du matin est terminée.
Un jour sur deux, je brosse mes cheveux mouillés et continue ma route vers mon armoire. Un jour sur deux, ils sont entortillés dans un élastique dès le lever - et ne bougeront vraisemblablement plus jusqu'en milieu de matinée - lorsque j'aurai réalisé mais vainement, que "vraiment, je pourrais faire un effort pour aller bosser, je ne ressemble à rien".

8h15, départ de la maison. Le geste cliché de la femme qui se maquille au volant prend tout son sens chez moi à ce moment précis : un vieux gloss Dermophil Indien, soigneusement rangé sous l'autoradio entre un porte clé cassé, une pièce pour le caddie et souvent, un emballage -vide- de Granola, me tombe sous la main. Une fois sur la lèvre du haut, une fois sur celle du bas en écoutant Bernard Guetta sur France Inter, et voila qui est fait. Mes mains sur le volant sont drolement abimées -j'ai bien de la crème au bureau, une jolie, une chère l'Occitanne à la rose qu'on m'a offerte à Noël - parce que vous imaginez que je vais m'offrir ça, moi ?

Le flacon de parfum a déserté ma vie depuis presque 3 ans. J'Adore a cédé la place à, en son temps "gerboulis frais dans le cou de maman". Puis plus rien.

Il arrive bien, une fois l'an voire moins, que mon équipement féminin riche comme une famine au Sahel s'étoffe un peu. Lorsque des amis, ou de la famille, ont encore l'audace de convoler en justes noces, je fais un frêle effort.
Le poudrier a très vraisemblablement plus de 5 ans maintenant. C'est pareil pour le mascara. A force, j'en ai oublié la marque. Il y a bien UN vernis à ongles, coordonné à UN rouge à lèvres, Chanel et qui font fi des modes, saisons, tendances et collections. Ils rentrent aisément dans la catégorie "Vintage" désormais - et reviendront à la mode bien avant que les flacons et tubes ne soient vides.

Je cherche en dernière minute dans ces cas là une antédiluvienne paire de lentilles pas trop sèches, qui viendront le temps de quelques photos faire illusion. Généralement, si nous restons pour diner, les lunettes auront refait leur apparition avant le plat chaud.
De brushing ou séance coiffeur il n'est pas question - le risque ultime consiste à sécher mes cheveux, tentant de leur donner une quelconque forme.

Les rares esthéticiennes qui ont croisé ma vie m'inondent de paroles comme "vous devriez faire attention quand même" auxquelles j'acquiesce avec un "oui-oui" de circonstance rapidement oublié. La mauvaise cliente. La fille pas fille.
Mon coiffeur, désormais au courant que je ne ferai pas de mèches, me parle de ses voyages à l'autre bout du globe plutot que de "mouvement de mèches" "volume" et "masque réparateur".

Mon miroir ne triche pas je crois. N'embellit rien. Et ne cache pas grand chose non plus. Ca a toujours été comme ça...
Alors, pas trop déçues ???

Posté par Secotine and so à 01:52 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2009

de village en village

la vie des villages, c'est un peu compliqué. Vivre à la campagne, c'est forcément parfois un peu plus compliqué. La fluidité certaine offerte par la ville, brassée dans son creuset de relatif anonymat, n'a pas cours ici.

Ici, lorsque le facteur fait sa tournée, il dépose un avis de passage dans votre boite aux lettres. Le colis attendu patiente à la Poste de T. T, c'est le village voisin, à coté. Avec son bureau de poste en bordure de nationale, fier bâtiment au charme désuet des années 30. Repeint en vert et jaune, sans doute une coquetterie d'un précédent receveur des postes, depuis longtemps retraité sans doute comme en témoignent les couleurs délavées de la façade.

La Poste de T., ruralité oblige, n'ouvre que les demi journées, en matinée. Et pas le samedi. Alors récupérer le précieux colis devient un peu compliqué. Il faut faire preuve de patience. Prendre son téléphone et appeler la guichetière, le matin, au bureau de poste de T. Lui expliquer que vous avez bien reçu l'avis de passage, mais que vous ne pourrez pas venir chercher ce colis parce que vous travaillez. Alors, comme la guichetière est du genre arrangeante, elle peut rerouter votre colis sur la poste de G. Le chef lieu du coin, à quelques kilomètres supplémentaires de votre village à vous. Et là, vous pourrez y aller le samedi. Alors il faut prévoir, le samedi matin. Vite vite, ne pas oublier l'avis de passage du facteur, un peu corné, forcément. Ah oui, une pièce d'identité. Prendre la voiture et emprunter la nationale, tout droit à travers champs.

Traverser T., justement, dont la poste ne vous accueillera pas ce samedi. Passer au ralenti devant l'école du village, enfin la vieille, désertée, mal située, mais tellement belle dans son coté "école communale" du début du siècle passé. Déplorer que le batiment ne serve plus aujourd'hui que comme hangar des cantonniers (ici, on dit des "quin-antonniers"), que le préau n'abrite que des longueurs de tuyaux en PVC.
La nouvelle école, à l'entrée du village, est moche, à l'image des batiments publics que les architectes batissent souvent aujourdhui. Moche mais pratique, et tellement ("tellemin-ent") mieux située. Pas terribles non plus, les pavillons récents qui se batissent à l'orée du village, petits domaines privatifs sur des terrains si étroits.

Et puis après T., la route file vers G, le chef lieu annoncé par sa zone industrielle incertaine, bordée de bois mal ordonnés et d'une scierie approximative. Oh, traverser ce gros bourg un peu carrefour n'a rien d'excitant. Des commerces, la boulangerie et ses vitrines entourées d'une devanture carrelée, comme on savait si bien le faire dans les années 80, et la boucherie, dont l'entrée est presque barrée par la rotissoire inox, tronant fièrement sur le trottoir trop étroit.
Le parking de la poste est, comme toujours, bondé, et pour se garer, il faut emprunter une de ces ruelles étroites qui grimpent à flanc de montagne, pour finalement glisser sa voiture adroitement le long d'un mur en pierre, juste en face du portail si beau de cette maison de maitre qui vous fait envie depuis si longtemps.

Car c'est aussi ça, ici, de village en village. Des axes principaux sans charme et crasseux, commerces éteints et devantures défraichies, étriquées. Et puis les petits axes secondaires révèlent des bijoux, la pierre noire de la vallée partout sur les maisons, telle l'empreinte d'une richesse passée et éteinte.

Jadis, ici, on était fiers d'habiter, c'était le coté de la vallée béni de la houille blanche, l'industrie lourde tournait à plein régime, alors qu'en face, là ou aujourdhui fleurissent les banlieues très chics de la Ville Voisine, ce n'étaient que vaches et paysans. Le passé ouvrier s'estompe au fur et à mesure qu'on traverse, au fil de la départementale, les villages s'enfonçant dans la vallée, mais les demeures cossues un peu cachées de ces petits bourgs en disent long sur l'histoire. 

Et puis vous vous rendez à la Poste, ouverte en ce samedi matin. Vous revoyez le jour ou la "conseillère financière" vous a reçue dans un bureau aussi grand que vos propres toilettes, au fond d'un couloir étroit et encombré, dans ce même batiment d'avant guerre, peint cette fois en bleus. Deux tons. Sans doute le receveur était-il, lui aussi, un original comme son voisin de T.

Il fait beau, le papier de soie crisse sous vos doigts, les petites choses commandées chez elle sont enfin là, au fond de votre vallée très rurale. Un brin de snobisme peut être, vous fait sourire alors que vous quittez G; sa scierie, son collège jaune moutarde et longez les champs de noyers alignés au cordeau pour retrouver votre domicile, les 400 âmes sans bureau de poste ni commerce.
C'est un peu plus difficile, la vie ici, de village en village...

Posté par Secotine and so à 21:22 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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