Sécotine and so on

blablabli, et blablabla...

31 décembre 2008

Travelling arrière

C’est toujours en des termes un peu mélancoliques que je passe d’une année à l’autre. Revenir sur une ardoise désormais écrite et ineffaçable, projeter en l’air et faire des serments de pacotille, comme pour envisager une place nette pour l’année qui s’annonce, c’est finalement assez stérile.

Afin de conjurer ce petit moment, je m’attache au trivial et au simple, comme boucler mon dossier et vider mes mails, gestes simples et rassurants.

Imaginer qu’une année encore, vient de passer, glisse sur moi jusqu’au moment de donner mon age à qui le demande.

Jusqu’au moment ou je m’incarne, assez brutalement, en cette mère de famille sur le bord de la piste de ski, souriant à son aîné qui expérimente ses premières glisses alors qu’un cadet grandit au chaud dans mon ventre.

Jusqu’au moment ou je réalise que les remarques que je fais à mes collègues sont basées sur ma désormais longue expérience professionnelle, on appelle ça la maturité et le recul.

L’année dernière, je clôturais cette journée de travail par un air qui m’est cher (Solal / Moonshine Sessions / Always alone) et cette année ce sera Al Green qui m’accompagne pour ces dernières heures de 2008 – mais loin de moi l’idée d’avoir le cœur brisé !


Découvrez Al Green!

Excellent réveillon à vous…

Posté par Secotine and so à 13:52 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


27 décembre 2008

Omn-i-kéa

il y a peu de temps, une grande enseigne suédoise jaune et bleue a ouvert ses portes dans mon agglomération. Longtemps attendue, son ouverture allait faciliter la vie d'un grand nombre de personnes... Inutile désormais de poser une journée de congés pour se rendre dans la grande métropole voisine, sa triste banlieue faite de centres commerciaux vieillissants, et consommer du suédois au gout de rareté.

Non, désormais, nous aussi, on aurait nos bibliothèques Billy et des boulettes à la sauce sucrée. Skal !

Ce qui fut dit fut fait. Le grand batiment bleu poussa rapidement ("le plus grand d'Europe") et son ouverture provoqua un affolement médiatique local digne d'un mini tsunami. Pire encore, les langues se délièrent bien plus lorsque les quatre lettres de l'enseigne furent imprimées un temps sur notre bon vieux téléphérique, donnant de faux airs nordiques mais de vrais airs de deal commercial au rabais à l'emblème de notre ville alpine.
Désormais, lorsqu'on prend un peu d'altitude (et Dieu sait que c'est facile, ici), ce n'est plus systématiquement aux gros batiments bleu et gris du fabricant de composant électroniques qu'on se situe dans la vallée, mais en repérant d'abord le pâté bleu flashy tronant près du campus.

Oui, tout le monde va désormais faire ses courses là bas, plus un seul jeune couple n'est exonéré d'une installation aux intonations viking, du balai à chiottes made in China aux meubles de cuisine, les étudiants s'y rendent avec le tram, bref, l'enseigne fait désormais partie du paysage. Que celui qui n'a pas son fauteuil Poang me jette la première pierre.

Toutefois, si l'installation de l'enseigne omniprésente nous propulse dans une dimension soit-disant plus large et nous fait grimper, comme l'équipe de foot locale, au rang de ligue 1 des villes de France, je trouve que notre parfum de province s'en va un peu.

Oui, autrefois, avant la mondialisation, on pouvait changer de région, de ville, de pays et être dépaysé par l'entourage commercial qu'on trouvait sur place. Aller dans une grande ville, ça voulait dire trouver du shopping un peu inédit. Aller à l'étranger, c'était l'assurance de rapporter des petites choses qu'on ne trouverait pas forcément chez nous. Un court séjour barcelonais m'a donné du fil à retordre pour éviter les enseignes qu'on pouvait trouver chez moi. Même Zadig et Voltaire s'est installé ici.

Alors certes, cela n'est pas vrai pour tout, mais la mondialisation a fait du mal à mon exotisme...
Désormais, vivre "local", c'est vivre "bobo", en fin de compte. Internet se charge de faire le reste pour nous rapprocher du monde.

Et  c'est un peu, c'est très dommage, parfois.
Post écrit en direct de mon canapé Ektorp, un classique indémodable.

Posté par Secotine and so à 16:25 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 décembre 2008

blancs...

J'aime ces non-périodes qui précèdent ou succèdent immédiatement aux fêtes, ces jours entre deux eaux ou seuls les oubliés des congés payés restent au bureau.
J'aime ces espèces de moment un peu hors du temps, hors du rythme ou la connivence fait les rapprochements. Ces moments de blanc au bureau, entre deux dindes et trois papillotes ou l'on range les dossiers, ou l'on se met à jour et ou l'on archive.

Pas de bousculade à la machine à café le matin, tout est en suspens en attendant le retour de machin en vacances jusqu'au 5.

La photocopieuse est moins active, les journées allégées comme un café à l'aspartame. On écoute de la musique, on est facilement distrait par des conversations qui n'ont rien de professionnel.

Des ritournelles en accord avec ce mode "pause", "blanc" qui ne durera qu'un temps. Loin de l'effervescence habituelle, loin du trop plein d'agitation, j'aime travailler les 24 et 31 décembre. On peut même se permettre de partir un peu plus tot le soir.

Les couloirs sont étrangement vides et les bureaux anormalement calmes, j'aime ces points de suspension ou toutes les phrases disent "on verra après les fêtes".

Petites parenthèses blanches et vides ou rien ne fonctionne, rien n'avance, le navire amiral de l'entreprise vogue comme une coquille vide sur les flots incertains d'un calendrier à la dérive.
Quelques figurants maintiennent un semblant de vie, en points de suspension, comme pour dire "business as usual" ...

Posté par Secotine and so à 17:04 - Sécotine au travail - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 décembre 2008

snobisme alpin

il est temps de vous avouer un de mes snobismes, une position totalement rétrograde et parfaitement anti démocratique. Rhone-alpine je suis née, skieuse je suis devenue, snob je reste. (attention, âmes sensibles, je tape. un peu fort)

Ici, on nait quasiment les skis aux pieds.
Ici, si ce ne sont pas vos parents qui vous font chausser vos premières Nordica à 3 ans, l'école s'en charge dès le CE1.
Ici, la polaire est de rigueur dans la garde robe, et puis pas une mais deux, trois, quatre. Pour certains, ce sera même le tee-shirt "In Tartiflette we trust".
Ici on a tous nos skis, notre équipement éprouvé, on connait les coins, les heures, les forfaits moins chers, les raccourcis pour monter en station.
Ici, les Bronzés font du ski fait partie intégrante du patrimoine, au même titre que la tartiflette.
Ici, on voit les stations depuis le campus et les amphis.

Ici, sans être de grands montagnards, on est tous un peu skieurs dans l'âme.

Si les vacances de février étaient l'occasion, chaque année, de décrocher une étoile de plus sur mon anorak (celui que l'on portait pour aller skier mais aussi dans la cour d'école puis de collège) nous redoutions déjà les afflux de Bretons, Parisiens et autres Marseillais sur "nos" pistes, ils allaient saccager la bonne neige avec leurs chutes maladroites.
Peu à peu, la frénésie de ski s'est raffinée, il n'a bientot plus été question de "rentabiliser" le forfait en skiant comme des dingues des journées à la chaine.
A l'inverse de nos touristes chéris, qui depuis leur région d'origine "montaient aux sports d'hiver" en combinaison de ski dès le périph', les spatules des skis sur le fixotoit pointées à l'avant, nous avons appris une certaine retenue.

Ne monter que lorsqu'il vient de tomber de la fraiche. Et qu'il fait beau.
Ne jamais monter le dimanche. Même s'il fait beau.
Et ... l'age aidant, se contenter de savourer une demie journée.

Snob à la limite de l'intolérance, je pousse la plaisanterie jusqu'à refuser la démocratisation du plaisir de la glisse, né avec le ski parabolique.

Oui, apprendre à skier, c'est dur. Dès l'enfance, on se gèle les doigts les jours blancs, on tombe, le nez coule, les genoux fatiguent, le sandwich n'est pas bon et il y a toujours un petit camarade pour embaumer le bus des effluves de son vomibag, généralement vite couvert par l'essence de menthe, une goutte sur un sucre. 

Oui, se faire plaisir sur les pistes, ça se mérite, ce sont des années d'entrainement, de bobos, et toujours ces satanées planches droites, trop longues qu'on n'arrive pas à faire tourner correctement dans la poudreuse. Le planter d'baton a toute son utilité, le style se travaille, et jadis, Msieur Dusse (avec un D comme Dusse) craquait vite dans la progression parce que le matériel ne l'aidait pas.

Jusqu'à l'arrivée du parabolique, celui qui permet à n'importe qui désormais de skier, presque correctement, dans un style que je n'oserais qualifier d'élégant. bras écartés, jambes à l'horizontale, tout le monde a désormais droit à sa "sensation", sa "glisse" qui jusque là, n'était le privilège que d'un petit groupe de locaux, saisonniers, moniteurs, gens du coin. La godille, le style parallèle sont désormais balayés par un revers de moufle négligent, les années d'effort et de récompense que nous avons du enduré ont vécu.

Mon snobisme à moi, c'est de résister à la facilité, de conserver mes vieux skis droits. De persévérer, à l'ancienne, à attaquer la piste en prouvant à chaque mouvement à mes batons qu'ils ont leur utilité. A l'inverse de mes congénères séduits par l'aisance du ski parabolique, ou les bras en l'air (mais, ou sont passés les batons ?) ils poussent des "youhou" extatiques sur les pistes en dessinant des grandes courbes, je persiste et signe dans ma façon has been, rétro et démodée de skier.
Je passe pour une totale rétrograde à refuser de changer ces bonnes vieilles planches qui m'emmènent partout.
Je m'ennuie lorsque en descente, il me suffit de penser à tourner pour que le geste s'exécute. Autant rester dans mon fauteuil.

Ce snobisme est bien sur très mal vu, excessivement peu partagé et le honte s'abat sur moi lorsque j'ose en parler. Sans doute mes amis (et particulièrement les skieurs expérimentés) qui lisent ce blog souriront, à défaut de soutenir cet état d'esprit, au demeurant parfaitement condamnable...

NB pour les sceptiques : oui, le t-shirt In tartiflette we trust existe bien, de même que l'autocollant idoine pour afficher sur la Clio, ou le body pour bébé. Et oui, moi j'ai l'air d'une plouc lorsque je vais en Bretagne avec ma marinière et mes bottes, ou à Paris en portant les chaussures à la mode ... Il y a 3 saisons. C'est comme ça.

Posté par Secotine and so à 21:14 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Juke box du matin

Le rituel est le même, chaque matin. Après la précipitation désordonnée des quelques minutes précédant le départ, enfiler trois manteaux, retrouver le couple de moufles, trouver le bon bonnet, dégivrer les pare-brises, un calme relatif revient au moment ou elle ferme le portail.
Oui, elle est en retard, comme tous les matins. Non, c'est vraiment trop difficile de se lever quelques minutes plus tot pour échapper à cette petite hystérie frénétique qui vient ponctuer le matin, à 8h.

Le rituel est donc le même, chaque matin. Peu importe la radio pourvu qu'à 8h16, elle bascule sur France Inter, sans oublier de se demander si le contournement du village voisin sera, comme d'habitude, encombré. C'est alors que Bernard Guetta fait sa chronique, "Géopolitique", qui généralement adroitement passe en revue un point précis de la situation mondiale. Cela la replonge des années en arrière, sur les bancs de fac, lorsque le professorat lui enseignait la géopolitique. Elle pense "bien sur, il a raison" en rétrogradant pour s'arrêter dans la file des bouchons. Ou alors elle pense "ah oui, tiens, j'ignorais ça. Ca a changé, alors".

Au moment ou elle avance au pas et que Bernard Guetta cède la place à l'invité, elle zappe au profit de Couleur 3, qui se voudrait plus léger mais qui demeure toujours grinçant, acide, et contestataire.
Alors elle chante un peu, mal et à haute voix, mais comme personne ne l'entend... Peu importe.


Découvrez Kenna!

Et puis lorsque la pub interrompt brutalement la chronique en cours, ou la chanson qu'elle fredonne, comme un couperet, elle zappe encore. Oui, Couleur 3 va disparaitre en France, parce que ces coupures de pub intempestives ne correspondent pas à la philosophie de cette radio suisse, hachurée par la réglementation française. Elle se demande ce qu'elle écoutera alors...
Couleur 3, elle a découvert au lycée, bouche bée, aimant absolument toute la programmation au point qu'elle aurait enregistré des journées entières de diffusion sur cassette. C'est là qu'elle découvrait autre chose que la soupe ambiante dont il était difficile de se défaire sur la bande FM, elle cherchait autre chose certes mais sans savoir quoi. Et puis comme ça, elle avait trouvé. Ecouter Couleur 3, c'était déjà en soi une toute petite rebéllion, qu'on associait au romantisme propre à ces années adolescentes. On criait sa différence avec Baudelaire et Charles Cros, on se prenait de passion pour Flaubert tout en écoutant Noir Désir, un chèche autour du cou et des Kickers aux pieds.

L'entrée de l'autoroute est là, France Info égrènne sa revue de presse, souvent trop rapide. Là encore, un bref plongeon dans l'actualité et dans cette ancienne vie professionnelle qu'elle aimait beaucoup. Mais ce matin, en déboitant pour s'insérer dans la file de gauche, on ne parle que de godasse dans la tête de George. Ahah, celui là, pas mal.
Et puis comme France Info va diffuser le débat, elle fait la moue pour changer à nouveau. Cette fois c'est un CD.
Une petite redécouverte décalée, au moment ou défilent les kilomètres de paysage enneigé, elle écoute "le slow de la mort" des soirées estivales. 


Découvrez ZZ Top!

Encore et encore, comme souvent lorsqu'un air lui plait, elle appuie volontiers sur Repeat jusqu'à s'en saouler.
Les bureaux sont en vue, maintenant, il va être temps de sortir de la bulle et démarrer une journée. Elle n'a pas le temps de se refaire un petit Viva Las Vegas, qui restera marqué dans sa mémoire comme la première piste lue par le CD lorsque ce printemps, elle montait dans sa voiture à l'aéroport, épuisée par tant d'heures de vol, les yeux encore pleins de néons clognotants de la ville du péché. Elle avait souri, en se disant "pourtant, Las Vegas, c'est fini on en vient".

Nous sommes le 16 décembre, Las Vegas c'est loin derrière.
Tiens, c'est l'heure du café...

Posté par Secotine and so à 09:47 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2008

Jours de neige

Il est des jours comme ça, ou le quotidien devient pesant, les paysages sont usés à force d’être vus et revus. Les gestes, les mêmes, se répètent à l’infini au fur et à mesure que s’écoulent, imperturbables, les jours et les nuits. Un emploi du temps appliqué, copié collé de la veille, et à n’en pas douter, un avant gout très fidèle de celui à venir le lendemain.

La saveur des jours se fait fade, la douceur du confort quotidien devient ouateuse, inconfortable. Je soupire de lassitude de ces interminables répétitions. La même route. Les mêmes gens. Les mêmes choses, tous les jours, tous les jours.

Dans ces moments là, l’envie de partir devient très forte. Oh, partir pas loin, partir pas longtemps. Mais partir, juste changer l’espace de quelques heures ce paysage dont je ne peux plus. Aller, ne serait ce qu’à 50km, voir d’autres gens, d’autres routes et d’autres bâtiments. Casser le rythme, bouleverser l’ordre trop établi. Revisiter l’autoroute qui nous mènerait pas loin pourtant, le front collé à la vitre, émerveillée des champs et villages traversés. Oui, il existe un ailleurs, pas loin, tout près, à portée de main.

Les jours de brouillard, lorsque la montagne est avalée, j’aime imaginer que nous sommes ailleurs en France, dans ces plaines picardes qui me sont si chères, où le ciel engloutit tout. Oui, pour un peu, on ferait disparaître les montagnes, à coup d’imaginaire. On serait loin de chez moi.

Et parfois encore, c’est ailleurs qui vient à moi. Aujourd’hui, nous sommes quelque part au nord, sur un autre continent. Nous sommes sous la neige, elle modifie tout, elle change tout, elle rase tout. L’horizon n’a pas de limite aujourd’hui, impeccablement blanc de partout, à peine troublé par ces kyrielles de flocons qui ne cessent de tomber, comme pour me dire « ailleurs vient à toi ». Rien n’est reconnaissable, j’attends de voir les gens dans des doudounes en plumes mais il n’en est rien. Non, il ne fait pas –30 et nous ne sommes pas au Canada, non, rien n’a finalement changé, mais l’espace d’un instant, j’aurai su m’évader…

Posté par Secotine and so à 10:07 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2008

Flanby


Découvrez Yael Naim!

Ca y est. Il est démoulé, dans le ramequin devant elle. Les pots en plastique se sont détachés de leurs voisins dans un claquement sec, en sortant du frigo. Toujours le même plastique, dur et sonore, que dans son enfance.

Ensuite, détacher l’opercule est facile, puis retourner le pot également. La languette métallique, désormais destinée à faciliter l’ouverture, sape un peu la délicate opération qui consistait, avant, à entamer le plastique avec un couteau bien tranchant pour effectuer l’appel d’air qui allait détacher le flan et son caramel pour les faire tomber adroitement dans l’assiette.

Paresse, marketing sont les maîtres mots qui ont conduit les concepteurs du Flanby à mettre à la portée de tous l’ouverture du précieux dessert. Plus de mérite à réussir son Flanby désormais.

Peu importe. Le deux Flanby sont droit dans leur coupelle, attendant sagement les coups de cuiller fatidiques. Elle lui raconte que petite, elle les mangeait colonne par colonne. Il lui répond que tout le monde faisait ça. Elle est un peu déçue, elle pensait originale sa manière de découper son Flanby.

Tout comme elle était la seule à disposer ses quartiers de clémentine comme des élèves assis dans le bus, tout comme elle était la seule à incarner Michel Drucker dans un petit pois au moment de déjeuner.

Comme les repas étaient longs et exaspérants pour ses proches …
Manger les quartiers de clémentine un à un après les avoir longuement fait discuter, puis s’embrasser avant de quitter le bus pour sa bouche d’enfant.

Faire converser deux petits pois froids dans une assiette, mimant Michel Drucker et son invité dans « Champs Elysées ». Le petit pois Michel Drucker demandait à l’autre petit pois invité « et quel regard portez-vous sur votre carrière, désormais ? ». Le petit pois invité finissait, après l’interview, dans la bouche de la petite fille, mais vider une assiette en un temps raisonnable tenait du prodige. Deux petits pois au centre d’une couronne de leurs semblables au milieu d’une assiette, qui allaient piano ma sano, un par un dans la bouche de la petite fille. Jusqu’au fatidique Michel Drucker, qui lui-même terminait mâché par ces dents de lait, juste avant de retourner à l’école.

Mais aujourd’hui le Flanby ne se laisse pas faire. Les colonnes sont trop fines ou alors ses mains d’adulte ont perdu la dextérité qui faisaient l’œuvre d’enfant. En face, il excelle et mange, pianissimo, adroit, son Flanby colonne par colonne. Pire, il lui explique la suite de la procédure ou comment réduire le flan industriel à un parallélépipède de plus en plus fin, qui finira, gravité oblige, par s’affaler lamentablement au fond de la coupelle. La magie, à ce moment précis, aura fini d’opérer, et ne restera qu’au fond du ramequin qu’un peu de flan, bribes tristes baignant dans un caramel beaucoup plus clair qu’autrefois.

A l’étage dort un petit garçon qui ignore qu’en ce moment même, ses parents ont honteusement annexé ses desserts pour satisfaire leur pur plaisir infantile. Bientôt, on lui apprendra à manger le Flanby colonne par colonne. Il saura faire.

Posté par Secotine and so à 09:57 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 décembre 2008

Ma petite entreprise ne connaît pas la crise…

(attention, post déprimant)

Les médias nous rebattent les oreilles avec la crise, la Crise, cette très grave crise qui vomit chaque jour un peu plus d’ex-salariés sur des trottoirs déjà bien encombrés de SDF et de sans papiers.

La crise, les hommes politiques, les hommes économiques et les sages en disent chaque jour quelque chose, quelques mots, des discours entiers, des mesures, des lois, des conférences…

La crise, c’est un mot qui n’a jamais quitté le vocabulaire. J’ai l’impression d’être née dedans, d’avoir grandi dedans. Quelques embellies passagères, du temps du « boom de l’internet » ont égayé le paysage, trop belles pour être vraies et y croire pour de bon.

Non, la crise, depuis que je suis en age d’écouter la radio et regarder la télé, a toujours été là. On parlait de plans de rigueur, du temps ou le ministre des finances était large et haut avec des lunettes à épaisse monture carrées.

Pendant ce temps là, les Jours de France s’empilaient à la maison et mes parents, eux, ne connaissaient pas vraiment la crise, je crois. La quantité de jouet et la qualité des vêtements que je portais démentaient quelconques difficultés. Ou alors se sont-ils plu à me le faire croire ?

Et puis me voici, quelques décennies plus tard, propulsée à leur place, responsabilisée dans ma vie d’adulte. Cette fois la crise est bien présente, elle me saute aux yeux de toute sa flagrante discrétion.

Les réflexions de la dame à coté de moi, au supermarché, qui compare trop longuement le prix des paquets de jambon.

Les chiffres, partout présents, pour comparer le prix de l’essence et celui du gaz.

Les virées shopping, une espèce totalement disparue, laissant des kyrielles de vendeuses s’ennuyer dans des magasins vides de clientes.

Les désinscriptions massives et systématiques de newsletters annonçant avec grand fracas des ventes exceptionnelles de marques prestigieuses.

Et au final, un univers qui se réduit, se réduit …

Autant que les kilomètres, que l’on ne parcourt plus.

Autant que les livres, les magazines, que l’on n’achète plus…

La genèse d’une telle situation économique m’échappe complètement … ou est finalement le point de départ de cette chute massive, de cette dégringolade incontrôlable qui, une fois n’est pas coutume, m’emporte également ?

Et pendant ce temps là, Dominique Esway égrène tous les soirs sur France Info la liste des entreprises qui dégraissent, licencient, ferment, sont en redressement mais ne pourront rien redresser du tout.

Et pendant ce temps là, sur le thème de "Sauve qui peut", ici on continue à bosser, sagement, performants, pour éviter à notre tour ... d'aller pointer à l'ANPE, d'aller quémander la clémence des banquiers, les nuits blanches saturées de "comment on va faire"...

Oui, cette fois, la crise est bien là, partout.

Posté par Secotine and so à 17:04 - Sécotine cogite - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 décembre 2008

Noël m'emm...


Découvrez Various Artists!

Jadis prometteur... Autrefois féérique.
Noël et son cortège d'émotions un peu naïves me portait durant décembre, en apesanteur avant la gueule de bois d'un triste et froid janvier.

Peu fêté en mon foyer d'enfant, j'ai longtemps cherché cette chaleur familiale qui ne venait pas. Ce cocon rouge et tiède ou, l'espace d'un instant, on avait le droit de croire que le monde était apaisé, que les gens s'aimaient.
J'ai taché de trouver un peu de ces festivités en me creusant de force une place dans ma famille. Seule au milieu de mes cousins et leurs parents, j'aimais ce 24 au soir ou la pagaille envahissait la grande maison familiale, ou les flocons s'accrochaient un instant sur les manteaux de fourrure de mes tantes qui déballaient de leurs coffres mille paquets aux contenus prometteurs. J'aimais cette messe de Noël, la chapka de mon oncle et m'ennuyer dans l'église glaciale, parce qu'il était tard.
Et puis le souper, ensuite, de retour de l'église, ou un grand père attentif nous grattait la carcasse de la dinde pour en faire des sandwiches. Le tout, dans les senteurs de vin chaud. Mes parents étaient les grands absents. Trop occupés à s'ennuyer et à refuser la fête.
Mais moi, je faisais semblant et ça semblait bien.

Et puis. Et puis peu à peu Noël a perdu de sa splendeur. La féérie s'est écaillée à grands coups de cadeaux moches et inutiles, de festivités lourdes à force d'être subies plus que célébrées, de gens qu'on n'a envie de voir ce jour là. L'obligation a remplacé la tradition, et ce qu'elle a de bon. Au fil des années, la tiédeur du foyer ayant tout à envier à celle du radiateur, Noël est devenu fade, inodore, incolore.

Lasse de Noël et de cet enthousiasme que je ne partage plus, érodé à force d'avoir été forcé et galvaudé. Honteuse de l'avouer, aussi. Tristement souriante à l'idée de partager ce trait de caractère avec un géniteur qui me faisait peine par ses poisitions similaires sur Noël, les fêtes de famille et tout ce qui touche à la fête, en général. Oui, je sais, je sens le rance et l'aigreur à dire tout cela.

Noël peine à reprendre des couleurs, même si depuis quelques années, j'ai sans doute trouvé un peu de ce que j'ai pu chercher, un vrai moment de partage et de communion familiale.
Dommage qu'il ne s'agisse pas de ma famille de sang.

Allez, trouvez moi quelques raisons de ne pas soupirer de lassitude devant l'avalanche de catalogues de jouets, la débauche de médaillons de foie gras en gelée et les maigres sapins en plastique sur les bnaques d'accueil des entreprises...

(Lilou, tu vas sans doute me détester hein ?)

Posté par Secotine and so à 20:51 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1