Sécotine and so on

blablabli, et blablabla...

28 novembre 2008

patiente - pas chiante

La salle d'attente n'est jamais pleine. Mais on y reste un long moment. Il arrive et ouvre la porte dans un geste presque théâtral et fixe du regard une patiente en silence. D'un consentement muet, elle se lève et le suit. Jusqu'à la prochaine, dans 25-30 minutes, il ne se passera plus rien d'autre qu'un silencieux ballet d'allées et venues entre porte d'entrée et toilettes, les sièges grinçants de cette salle d'attente rythmant ce défilé exclusivement féminin.

C'est le moment de ressasser les éventuelles questions, interrogations, les formuler le plus succintement possible, le plus complètement possible. Ne pas perdre de temps, ne pas s'épancher en considérations personnelles. Il n'est pas psy, après tout.
Il peut être 8h du matin. Ou alors 20h, au moment où les familles passent douillettement à table en écoutant Claire Chazal, et il est encore là, imperturbable, à examiner nos résultats d'analyse, surveiller la croissance de nos foetus, vérifier la bonne remise en forme d'une patiente post-op.

Iimperturbable, inébranlable, solide et épuisé. Pince sans rire et sans concession.
Il a sans doute l'age de mon père, et apparemment toujours le goût de son métier.

Alors, parce que je sais aussi que les médecins ont le droit de se reposer, que leurs têtes ne sont pas les récipients de nos angoisses, qu'ils sont faillibles et imparfaits, j'essaye d'être concise et ... à l'écoute.

A l'écoute de ses épanchements et de ses râleries, je le laisse me raconter cette patiente qui a appelé en urgence mais n'est jamais venue. Ou cette autre, envoyée par une consoeur pour faire des rayons, et dont le conjoint déclare à l'issue de la séance "c'est bête, j'ai oublié mon carnet  de chèques"...

Moi je vais bien, ni surpoids ni hypertension, des grossesses simples et sans histoire, ni diabète ni facteur de risque.
J'essaye d'être la patiente pas chiante, parce que je n'ai pas de raison de l'être...

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25 novembre 2008

Je lui ressemble

C'est indéniable. Au fur et à mesure que les années passent, je lui ressemble.
C'est désormais inscrit sur mon visage : je suis "belle" et bien sa fille.

Oui. "Belle" parce que c'est exactement comme elle était.

(Et non, ce n'est pas ce que je prétends être).

Toute mon enfance, j'ai entendu "qu'elle est belle, ta maman". Toute mon enfance, la statue du commandeur avait, d'une certaine manière, pris le visage grave et regulier de ma mère. Son chignon blond et ses mélancoliques yeux verts. Son profil parfait de ballerine du Bolchoï. Les yeux des adultes pétillaient pour elle et son port gracieux. Il m'était impossible de lui arriver à la cheville, impossible d'arriver à son degré de féminité.

Je restais "le portrait craché de mon père", l'homme respectable mais qu'on n'aurait dit beau.
Aujourd'hui à 33 ans, alors qu'elle et moi sommes au même age; elle dans mes souvenirs et moi dans la glace, les traits de nos deux visages se rapprochent inexorablement, de plus en plus et de mieux en mieux.

Mes cheveux sont rassemblés dans un chignon. Mais le mien est moins travaillé, bien sur.
Je fais la même taille qu'elle. Mais nos gardes robes n'ont rien à voir.

J'ai la même bouche. Mais la mienne sourit. 

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regarder l'autre ...

Une tranche de vie dans les embouteillages ce matin.

Ses yeux me fixent un instant dans son rétroviseur. D'elle, je ne vois pas grand chose. Une chevelure brune et vaporeuse, sans doute la quarantaine, un manteau en moumoute. Je suis dans la voiture qui suit. Coincée, comme celle qui me regarde, dans les bouchons du matin.

Occasion unique de dévisager l'autre en se croyant protégé par le verre sécurit de son propre véhicule.
De trouver vulgaire cette femme qui après avoir forcé le passage entre deux files, jette négligemment son mégot sur la voie d'accélération.
De trouver jollie, la chemise de ce jeune commercial dans sa voyante voiture estampillée aux couleurs de l'entreprise (réparation de photocopieurs) et de penser qu'il faut bien commencer sa carrière par quelque chose.

Là elle téléphone sans doute, à en croire les mimiques de son visage que je vois tronqué dans son rétroviseur. Pour dire qu'elle sera en retard ? Prendre des nouvelles d'une copine ?
Ses cheveux cachent l'appareil qu'elle peut avoir à l'oreille. Je ne saurai jamais, en fin de compte.

Formidable laboratoire sociologique, ces bouchons du matin. Echantillons significatifs ou non, représentation d'une population qui, à l'heure ou je me trouve coincée avec elle dans ces embouteillages, travaille certainement dans un bureau douillet plutot qu'à l'usine.

Ceux là, je les ai croisés un peu plus haut sur mon chemin, allant en sens inverse de mon parcours. Moi suivant la foule vers les zones de rassemblement des cols blancs, parkings lisses et bureaux proprets. Eux remontant vers l'antique usine de lourde industrie, royaume du col bleu.

C'est un accident qui nous retient tous dans cette promiscuité bitumesque ce matin. Un pâle accident. Trois fois rien, sauf pour les occupants des véhicules, sans doute.

Petite, j'aimais me retrouver dans les embouteillages du périph' parisien, remontant vers le nord pour gagner nos terres picardes chéries. De loin en loin, suivre les mêmes voitures à quelques minutes d'intervalle. Regarder par la fenêtre de la CX la petite fille dans la R20, juste à coté de nous.

Mais je divague, là ...

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18 novembre 2008

... comme sur les plumes d'un canard ...


Découvrez Thomas Fersen!

Ici et là, je lis sur la bloggo que le mois de novembre vous rend toutes petites, un peu tristounes et grises. L'automne qui aura mis du temps à venir s'est soudain transformé d'un flamboyant et fier rouge en une petite chose rabougrie, raccornie, humide et bien misérable.

Bien triste saison, alors, ou il n'est plus question de sortir dans les craquantes feuilles de chataigner à la recherche de précieux champignons.

Les vitres de la maison dégoulinent non stop, le ciel cotonneux et sale n'en peut plus de pleurer. On n'est pas encore, pas tout à fait dans les réjouissances gastronomiques de Noël (sauf à Dublin, bien sur), celles dont les substances mystérieuses cachées dans le foie gras et la dinde nous rendent un peu euphoriques.

Non, à défaut des ampoules colorées égayant un peu la nuit trop vite tombée, on n'a pas encore grand chose à se mettre sous la dent. A part, peut être, une grosse dose de magnésium dans des carrés de Cote d'Or aux amandes salées. ou quelques macarons bien choisis pour certaines.

Non, l'automne et sa fin en queue de poisson ne réussit pas aux morals, à cela peuvent s'ajouter quelques mésaventures personnelles. Quelques bleus à l'ame que l'on prend de cacher, soigneusement ou hâtivement.

Une fois de plus à contre courant, non pas par goût de la provoc, loin de moi cette idée.
Si le soleil dardant ses glorieux rayons me rend vite raleuse dès le mois de juin affiché au calendrier, l'arrivée de l'automne, puis l'hiver m'indiffèrent, s'ils ne me réjouissent pas carrément.

Peu importent le pull noir, le pantalon noir et le manteau assortis. On les dit tristes là ou je les remarque à peine.
Peu importent l'heure d'hiver et les nuits précoces. J'allume tout simplement la lumière et continue à travailler.
Peu importent la pluie, les arbres déplumés et les feuilles pourries agonisant dans des caniveaux sales. L'automne et l'hiver glissent sur moi comme sur les plumes d'un canard...

Il faut croire que le manque de vitamine D n'a d'effets sur moi. Curieux... Que vous dire pour remettre un sourire sur vos visages un peu pâles ?

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17 novembre 2008

en vrac et dans le désordre...

des pots de peinture acrylique, une perceuse à piles, un boxer mouillé de pipi, des présentations powerpoint, un plateau petit déjeuner, une tasse de thé sale, un avis d'imposition, un carreleur assez cher, une fiche de mission, un ours Paddington, une leçon de choses, un déjeuner avec de vieux copains raleurs, une jeune enseignante australienne (à moins qu'elle soit canadienne ?) un carnet de chèque égaré...

Voila ce qui me tient loin de mon ordinateur pour vous écrire.

pour l'instant.

Je retente la semaine prochaine, n'est ce pas ?

Posté par Secotine and so à 13:16 - Sécotine cogite - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2008

Savoir ou pas … et tous les désagréments qui peuvent accompagner la découverte du sexe d’un enfant.

On dirait que c’est dans l’air, depuis quelques jours. Savoir, ou pas, et tout ce qui en découle.
Oh bien sur, lorsqu’il s’agit d’un premier, la question a presque moins d’importance car fille ou garçon, on pourra avoir « l’autre » une prochaine fois.

Cela dit, il y a toujours un trouble fête dans l’entourage, qui, pétri de garçon, souhaite ardemment une fille ou petite fille. Voire l’inverse. Alors en tant que futur parent, c’est là qu’on souhaite savoir. L’échographie du 5ème mois en France donne cette possibilité. C’est à partir de là qu’on pourra « s’approprier » l’enfant, mieux faire connaissance avec lui et préparer son arrivée.

Accessoirement, gérer l’ingérence d’un entourage pas toujours bien intentionné, qui émettra réflexion sur réflexion sur le sexe annoncé de l’ange à venir. Son prénom. Son futur lit. Sa chambre. Sa robe princesse ou son déguisement Spiderman.

Ca fait pas mal de choses. Alors lorsque l’enfant est « encore » un garçon, « encore » une fille, il y a forcément une pointe de déception, un petit acte manqué. On espère on espère et ... Non.

Comme Telle le décrit très bien.

Mais … C’est aussi la règle du jeu. On ne choisit pas. On ne choisit rien. Ni la forme de ses oreilles, ni la couleur de ses cheveux, ni l’odeur à venir de ses pieds. On ne choisit pas non plus qu’il soit trisomique ou sourd.

Autour de moi, actuellement, il y a pléthore d'annonces de garçons à venir. Et pléthore de minuscules déceptions.
Je suis adepte du « je ne demande pas – tant pis si vous êtes tous déçus ». C’est mon mur, ma protection contre toutes les ingérences. Mon jardin secret, aussi.
Lorsque j’attendais mon fils, j’aimais tellement ne pas savoir et ne pas le construire « avant et sans » lui. Je suppliais l’échographe de ne rien dire. J’aurai été tellement déçue de savoir. Mais bien sur, c’est très personnel.

Et avec ce petit vent de déceptions qui souffle (très ponctuellement, et vraiment juste autour de moi) au fur et à mesure que grossissent les testicules dans les ventres maternels, je me prends presque à souhaiter que ce soit un 2ème garçon. Juste pour décevoir les autres, en être ravie et fière d’habiter sous le même toit que les 3 plus beaux garçons du monde, le père et nos deux fils.

Posté par Secotine and so à 09:22 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2008

Mes copains Geek

J’avais le titre de ce post en tête après avoir partagé mon déjeuner du jour avec l’un d’eux, mais je réalise que la définition du Geek ne s’applique pas stricto sensu à ces garçons là.

Non. Un geek, il est –si l’on rentre dans le stéréotype le plus parfait- un peu gothique, un peu enveloppé, le cheveu long et le tee-shirt noir XXL. Il est avachi devant son, ses écrans d’ordinateur et passe son temps, en écoutant du heavy metal, à pirater, télécharger, installer moult programmes informatiques tout aussi inutiles qu’abscons. Il ne parle que de ça, respire au rythme des sorties Oui, ma caricature est dure, impitoyable et dénuée de gentillesse, j’en conviens.

Il se trouve que des garçons comme cela, je n’en connais pas. Peut être même n’existent ils vraiment que dans l’imaginaire délirant d’un réalisateur de navet américain, type American Pie.

Mais peu importe.

Mes amis geeks, pardon, ingénieurs informaticiens, sont bien plus délicats qu’un Update ou un patch de sécurité Windows.

Ils ignorent généralement tout des dernières tendances et marques à la mode, portent depuis des années les mêmes pulls en jacquard parfaitement has been, ces pantalons parfois un peu courts aux chevilles, laissant apparaître des godillots confortables sur des chaussettes parfois … blanches.

Leur parka d’hiver kaki ou beige enveloppe une démarche discrète. La monture de leurs lunettes change de temps en temps, de même que la légère calvitie que je vois apparaître sur leurs fronts au fil des années.

Certains sont mariés. Ont des enfants.

D’autres non. Ce célibat pas toujours choisi reste un sujet assez peu abordé lors de nos déjeuners. Comme une gêne vite balayée par une conversation tournant autour de sujets aussi pointus que l’expo bidule, ou le dernier film coréen sorti. Parce que ceux là n’y connaissent rien en couches culottes, en caprices d’enfants, en fatigue de parents. Ceux là ne survolent ces sujets qu’au travers de week-ends passés avec des frères et des nièces.

Parce que les heures qu’ils ne passent pas devant un PC de bureau, forcément désossé, ils les consacrent à leur culture, à défaut de vie de famille.

Alors face à ces garçons, qui comparent allègrement entre deux bouchées à midi les mérites de Old Boy contre ceux du Vieux Jardin, je ne sais que taire mes soucis de mère.

Ils n’ont apparemment la coupe de cheveux qu’il faut pour séduire, ni la bonne paire de baskets, voire pas forcément le métier le plus sexy. Sont peu sportifs. Ils sont timides et peu débonnaires. Discrets et serviables.

Ils sont généralement riches de savoir et de culture, il suffit de gratter un peu sous le pull en acrylique…

Posté par Secotine and so à 14:02 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Lot de consolation…

J’ai beau chercher, je ne trouve pas vraiment d’aspects très intéressants dans ce dernier James Bond. Ni la bande son, ni le jeu des acteurs, ni le scénario. A croire que tout le monde s’est ennuyé sur ce tournage.

Daniel Craig paie dans cet opus le prix de son jeu froid. Cette fois, on frôle la frigidité. Il en perd presque son coté sexy qui avait un charme indéniable dans Casino Royale.

Quant à la James Bond girl, elle est bien mignonne avec son vague air de Sophie Marceau … Mais j’ai bien peur que ça s’arrête là.

Quant à Mathieu Amalric dans le rôle du méchant, il a du s’aligner sur le reste du casting : pâle alors qu’il aurait pu être très méchant, sa prestation allégée le dessert.

On passe bien souvent et sans transition de scènes d’hyper action qui passent à une vitesse que mon œil de blonde a du mal à suivre, à quelques scènes courtes de dialogue sans grand intérêt.

On y perd sur le fond, la forme, on y perd le maigre fil conducteur que je ne dévoile pas ici, tellement ténu (et sans doute se sera t il brisé au cours d’une explosion ?), bref, il n’y a pas grand chose à gagner. Le lot de consolation dans l’histoire, c’est peut être les paysages boliviens, encore que. Ou alors mon pot de pop corn. Bien présent, lui, concret, bruyant et croquant.

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04 novembre 2008

Faire partie de l'histoire ...

Parce que ce soir tout le monde en parle, le monde entier en parle, le monde entier attend. Fébrile. Inquiet. Plein d'espoir.
Je vous invite à aller voir chez Richard, son dernier post intitulé "I have a dream". Oh, ce ne sera pas long à lire, c'est promis.

Parce que ce soir, peut être, on aura le sentiment de faire partie de l'histoire. D'être témoin.
Un peu comme lorsque le mur de Berlin est tombé. Mais j'étais encore un peu jeune pour tout comprendre.
Un peu comme lorsque Nelson Mandela a été libéré. Mais c'était un peu loin de mes préoccupations quotidiennes : je suis blanche et fais partie des 3% de la population mondiale jouissant de tous les privilèges. Vous aussi, si vous me lisez.
Un peu comme lorsque Tchernobyl a explosé. Mais on a entendu ce qu'on souhaitait. Et aujourd'hui, beaucoup de gens autour de moi ont des soucis de tyrhoide. bizarre.
Un peu comme lorsque l'Irak a envahi le Koweït. Mais c'était un peu loin pour embrasser tous les enjeux.
Un peu comme lorsque la guerre en ex-Yougoslavie venait résonner à ... 1000km de nos frontières. Mais j'étais un peu aveugle pour tout voir.

Ce soir, toutefois, ce soir.
Ce soir, ce sont mes leçons d'histoire qui reviennent au galop. L'esclavage, le commerce triangulaire, les plantations de coton en Alabama, le Ku Klux Klan, la guerre de Sécession, l'enfance de Ray Charles, le combat pour les Civil Rights, les boycott de bus et Rosa Parks, Martin Luther King. Et j'en oublie.

On a souvent répété qu' à ma génération, il ne se passait rien. Plus rien. L'air grave de mon professeur d'histoire nous disant au lycée "certains historiens pensent que nous sommes arrivés à la fin de l'histoire" me revient.
Non, je n'ai vécu ni souffert aucune guerre.
Non, je ne sais pas ce que c'est que décoloniser.
Non, je n'ai pas vécu le rideau de fer.
Non, je n'ai pas vécu Mai 68, le printemps de Prague.
ALors oui, enfant de ces enfants là, ma période d'histoire s'annonçait calme et plate.

(ou presque)

Peut être, peut être ce soir l'histoire se remet en marche, parce que 200 millions de personnes, à un océan de moi, le décideront.

J'ai hâte.

Posté par Secotine and so à 21:43 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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