31 octobre 2008
Rencontres du 3ème type
Un post léger pour aborder le week-end.
Il s’agit d’examiner à la loupe les toilettes de nos chères sociétés, celles qui nous emploient, qui nous salarient et nous font –accessoirement- manger chaque mois, payer les factures et rembourser les prêts.
L’idée m’est venue ce matin, alors que je franchissais pour la première fois de la journée la porte des lieux d’aisance de mon bureau, neufs et high tech. Capteurs de mouvement pour allumer la lumière, sol en carrelage anthracite, miroir immense, poignées sablées. Un peu la classe.
On ne sait jamais qui on croisera. Sa collègue ? La fille du marketing dont on ne sait pas le nom ? Voire … Sa cheffe ?
S’ensuivent tous les petits subterfuges qui s’organisent, discrètement mais indéniablement, à ce moment là.
Discret, oui, on l’est : les murs, quoi que cossus, laissent tout de même échapper mille sons d’un emplacement à l’autre. Dans un presque religieux silence, on peut malgré soi entendre, sinon guetter les bruits de sa voisine.
On passe peu de temps devant le miroir, de peur de se faire pécho par quelqu’un d’autre.
On espère que la chasse d’eau fonctionnera correctement – sans pour autant prendre le temps de la tester a priori.
On sait qui se lave les mains après – et qui ne le fait pas.
Parfois jouer sur le temps : sortira t elle avant moi ? Ou je me dépêche pour la prendre de vitesse ?
Que dire du rouleau essuie-main, lorsque malencontreusement on en utilise les derniers centimètres, au moment ou une autre collègue arrive ?
Parfois, dans des structures plus modestes, les toilettes sont mixtes. Il est parfois abominable d’y mettre les pieds.
Parfois, elles sont occupées à horaires fixes. Il faut ensuite garder son sérieux avec un supérieur hiérarchique dont on aura deviné quelques très intimes habitudes.
Parfois on surprend cette jeune cadre très dynamique brosser ses dents (forcément qui rayent le plancher) avec acharnement après le déjeuner, telle une pensionnaire appliquée. La bouche pleine de dentifrice, elle vous gratifie d’un Hello en veillant à ne pas en répandre sur son carré Hermès.
Parfois on se demande ce que peut bien penser le type dont le bureau est juste en face de la porte « Dames » et qui vous voit passer 50 fois par jour. Pense t il seulement quelque chose ?
Oui les toilettes sont des lieux de rencontre du 3ème type. Saugrenues. Incongrues. Abominables.
29 octobre 2008
tissages - métissages
Découvrez Gotan Project!
En ces jours ou approche la neige, ou tout le monde se renfrogne parce que c’est l’heure d’hiver parce que il pleut parce qu’il fait froid parce que ça fout le moral en berne…
Je sors de ma vallée toute cotonneuse (Richard, tu confirmeras, n’est ce pas ?) pour aller un peu vers vous et parler de vous. Oui.
Ecrire publiquement, mettre aux quatre vents ses photos de famille/ses créations/ses maux d’âme, c’est s’exposer aux réactions des autres. On le fait (un peu) pour ça.
Il y a celles dont on se sent proches tout de suite, qu’on retourne lire tout le temps et qu’on pourrait avoir comme copine si vite. D’un commentaire à l’autre, la mayonnaise prend instantanément, et on regrette parfois que la France/le monde soit si grand, parce qu’on ne peut pas aller déjeuner ensemble dès … demain.
Il y a celles qu’on admire, parce que leur blog est un petit bijou, parce qu’il est beau, tellement beau et semble tellement loin de soi. Et puis elles ont l’air vraiment chouette, ces filles. Parce que leur vie ressemble à un magnifique magazine. Souvent, ces filles là sont adulées de la blogo, courtisées et bombardées de commentaires. Un jour, elle remarque le votre. Un jour, un peu inespéré, on s’échange des mails. Et puis ça se finit à la cantoche du Bon Marché dans un Paris totalement déserté du mois d’août…
Il y a celles qui sont trop loin mais qu’on lit régulièrement, celles devant le blog desquelles on reste une gentille anonyme dans la foule, à sourire régulièrement de connivence à la lecture de leurs mots. On poste parfois quelque chose, pourvu que ce soit de la valeur ajoutée. On se devine des points communs, quelques uns, mais parfois on est trop jeune ou vieille pour entendre ce qu’elles disent, ou alors on n’est vraiment pas au même niveau coté porte monnaie pour échanger de manière très intéressante. Ca n’empêche pas l’échange, ça le stimule.
Celles aussi avec qui on jouerait presque à chat et à la souris… Et trois petits tours, s’en va.
Le tissage des liens par blog interposés, c’est comme le tissage artisanal : irrégulier, asymétrique, résultat pas garanti. On ne fait pas connaissance comme on règle une machine Jacquard.
Les jolies surprises arrivent fréquemment, des mails totalement inattendus, des perches faciles à attraper. Et il arrive aussi parfois que le tissage soit un peu distendu, que les nouvelles se fassent plus rares comme les points sautent sur un tricot. Alors comme le pull mangé aux mites, on peut tenter une réparation mais elle ne peut toujours fonctionner. A l’inverse d’un tissage, il faut dans ce cas précis… Etre deux.
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Métissages – bis
Ah, vous semblez toutes curieuses de savoir dans quelle « case » je vous place, comment je vous dissèque, comment je vous évalue ?
Apparemment, c’est que vous ne vous êtes pas reconnues dans ces descriptions que je fais.
Et bien c’est comme dans la vraie vie. Il y a tous ceux, celles, qui gravitent sans classement particulier. D’aucunes me diront qu’écrire un tel post, ou l’on classe les gens, c’est éminemment dangereux. Certaines attendent peut être impatiemment que je leur dise "je ne te lis que par politesse".
Il ne s’agit pas de vous classer. Plutôt de décrire les relations qui me lient de loin à vous. Ténues, plus proches. Tout est affaire de temps, de points communs ou pas. Ca vous parle … plus ? Non ? Et bien tant pis.
N'attendez pas de moi que je vous dise "toi, je te classe là". Vous savez comme moi que c'est illusoire et partial. D'autant qu'à travers vos blogs, je ne sais de vous ... Que ce que vous souhaitez montrer.
28 octobre 2008
TaSte
La petite cuiller, directement dans le paquet de Poulain, la poudre brune vole de partout, la cuiller est pleine et bombée. Dans la bouche.
La première cerise de la saison. Je la tourne, je la retourne dans ma bouche, je la réchauffe, je l’évalue sous la dent, teste la fermeté de sa chair. Puis je n’y tiens plus, et mords jusqu’au noyau. Croc.
Très dur, ce carambar dans ma bouche, du fil à retordre pour ma mâchoire. Et puis il s’attendrit et se laisse doucement fondre, apprivoisé sous mes canines, il se laisse mourir lentement en réclamant son successeur.
Se brûler les doigts, un peu, en découpant maladroitement la coquille. Surprise : sera t il assez cuit ?
Quelques grains de sel puis les piquettes. Cérémonieusement découpées dans une baguette, puis tartinées de beurre (forcément salé). Religieusement trempées dans le jaune.
La saveur acidulée du citron. Et puis une bouchée encore chaude et les grains de sucre qui craquent. Et une 2ème crêpe, celles de ma grand mère, inimitables.
Sucre-citron, et rien d’autre.
27 octobre 2008
Une vie d'équilibriste
Une des discussions du week-end tournait autour de l'organisation domestique. En ce qui me concerne, il s'agit plus de désorganisation (chronique et incurable) domestique.
Lister tout ce qui tombe dans mon escarcelle au quotidien, hors des heures de travail, me fatigait d'avance, et plus mon monologue s'étirait, plus l'épuisement a priori m'emportait. Adroitement (ou pas) entremeler les machines à éteindre, repas à préparer et rangement à dompter.
Les paquets de choses à faire s'accumulent, s'étirent au fil des jours et leur poids me fait un peu plus baisser les bras pour sombrer dans un découragement sans solution. Toujours en retard, à la bourre, jamais dans les temps, le quotidien est une machine implacable qui ne tolère pas mon organisation très ténue.
L'exemple d'une proche jonglant avec perfection entre un nombre certain de jeunes enfants, un mari très pris et une maison très grande à gérer, organiser et entretenir, me jetait discrètement l'opprobe. Aux récits de son quotidien, nulle anicroche ne venait perturber l'impeccable rouleau de ses journées. Frigo et congélateurs éternellement pleins, linge à sa place et rôles de mère, d'épouse parfaitement compartimentés. Un temps pour chacun et chacun son tour.
Qu'est ce qui fait que, de ce quotidien d'équilibriste, je chute systématiquement ?
Ma paresse, passées 21h, à me mettre au rangement/repassage/ménage ?
Mon appétit sans fin pour les longues nuits de sommeil ?
Ces quelques minutes grapillées au quotidien, que je mets à pprofit pour des purs petits plaisirs personnels (comme lire mes mails, y répondre, voire faire un tour des blogs) ?
Comment font les filles comme moi ? (non, elles n'ont pas toutes une femme de ménage)
24 octobre 2008
Vermicelles et pattes de mouche
Découvrez CocoRosie!
Hier, on m’a demandé si mes notes étaient prises en sténo, tellement mon écriture est bizarre, illisible, incompréhensible.
Depuis toute petite, à l’age ou l’on apprenait à tracer un bel alphabet avec nos Bic « fine, pointe carbure » j’étais déjà mauvaise.
La pointe glissait trop, les pâtés d’encre bleue venaient salir les boucles irrégulières de mes « l », je raturais de ma main gauche, je m’efforçais de ma main gauche de faire au mieux.
Mais le mieux n’atteignait pas le résultat parfait de ma voisine, dont la calligraphie réjouissait l’institutrice.
Plus tard, les remous de l’adolescence ont chahuté mes « i », coiffés tour à tour d’point ou d’une rondelle, les « r », avec boucle ou en script, les « j » et « g » avec ou sans boucle. Les classes passaient, mon écriture s’affirmait peu à peu mais elle restait pour autant toujours peu accessible à l’œil non initié.
Les doubles pages noircies à grande vitesse sur les bancs de la fac ont fini d’assouplir mon poignet, parfaire mon écriture au fil des exigences de rapidité (pensez donc, 5 copies doubles noircies en 2 heures de cours de droit, c’est transcrire en temps réel chaque mot du prof).
On m’a longtemps dit que ma calligraphie ressemblait à celle de ma mère, pourtant jugée belle à l’unanimité.
On m’a aussi dit que mon écriture faisait « plus que mon age ». Ca, c’était du temps ou les lettres de motivation étaient manuscrites.
J’ai toujours trouvé pire, cela dit. Certains journalistes prennent des notes encore plus difficile à déchiffrer que les miennes.
Bâtonnets rompus et énergiques, je revois la calligraphie hallucinante de ce quinquagénaire, couchant fiévreusement sur le papier blanc de son bloc des impressions que lui seul pourrait traduire.
Oui, mes mots ont du mal à rester sur les lignes. Ils jouent à l’élastique, une fois dessus, une fois dessous. Non, la plume ne se lève quasiment pas entre le début et la fin du mot. Points sur les « i » compris.
Oui mon écriture me semble bâclée, énorme, impossible.
Des vermicelles trop cuits en pagaille sur le papier.
Heureusement, vous qui me lisez, vous bénéficiez des effets merveilleux du traitement de texte, qui rend tout cela … Lisible …
21 octobre 2008
Il y a des jours comme ça…
Découvrez Benjamin Biolay!
La perle tombe justement ce matin de ma boucle d’oreille.
Les accidents de circulation choisissent, bien malgré eux, ce mardi 21 pour encombrer toute l’agglomération.
Et le joyeux client de la boulangerie, m’avertissant du temps que je vais mettre pour rejoindre mon lieu de travail ce matin, s’inquiète de savoir si j’ai un téléphone pour prévenir mon usine que je serai en retard.
C’est vrai, ici, les lieux de travail sont des usines. Ne pas l’oublier.
C’est en grignotant un croissant dans ma voiture à l’arrêt que je rejoins, paresseusement, mon bureau. Après avoir laissé défiler moult flashs infos sur France Info. Après avoir gardé mon calme alors que mon fils, très en verve dès 6h, déambulait les chevilles découvertes, preuve flagrante que son pantalon était décidément trop court. Et ça, c’est un peu difficile pour moi de passer outre.
Après avoir souri lorsque les artisans tant attendus ce matin, ont débarqué pour vite repartir en chantant le refrain de « on revient demain ».
Voilà à quoi ressemble le mardi 21 octobre, à une journée comme les autres qui démarre plutôt mal, et qui pourtant, porte un truc à fêter. Avec les croissants.
EDIT ---
Pour être plus précise sur ce post...
J’ai toujours cultivé depuis que je suis une grande fille, un espèce de malin plaisir à trouver un élément minable à cultiver le jour de mon anniversaire.
Comme déjeuner toute seule ce jour là.
Quelque chose qui me rappelle que pour le reste de la planète, mon anniversaire est un jour totalement ordinaire, qui sera peut être juste chahuté par un « bon anniversaire » à mon attention, à ne pas oublier pour rester socialement correct.
Petite, mon anniversaire méritait une attention planétaire, se préparait des semaines à l’avance, montait en pression jusqu’au point d’orgue du mercredi, ou samedi après midi, ou mes camarades de classe allaient, une fois l’an, fouler le parquet en chêne en point de Hongrie de la maison. Faire du bruit dans le grand salon, ouvert et chauffé spécialement pour l’occasion.
L’excitation était à son comble dans l’anticipation des cadeaux à recevoir, des cartes à lire, des coups de fil auxquels répondre.
24 heures avant l’arrivée des turbulents enfants, lorsqu’on fermait une dernière fois la porte du salon sur le décor d’une fête à venir, j’avais un trac digne d’une actrice à la montée des marches.
Puis la fête battait son plein, tourne-disque orange et 45 tours de Boy George ou Lio pour l’animation, au milieu des meubles de style immuables et des tapis précieux de ce salon inusité.
Puis je déballais, proche de l’hystérie, ces cadeaux si précieux, témoignages d’amitié de mes petits camarades de classe. Puis on mangeait un gâteau de pâtissier, toujours mauvais comparé à un gâteau au chocolat maison. Puis les mamans venaient chercher leurs enfants, rendant peu à peu à la maison son calme habituel.
Alors le désordre de la fête pouvait être remballé, les reliquats laissés par un tourbillon d’enfants balayés, le tourne-disque rangé et les rires trop forts rengorgés.
Jusqu’à l’année suivante.
Mais aujourd’hui, mon anniversaire n’a plus vraiment de sens, et je m’emploie à en saper sa signification à coups de menues mesquineries, comme « inutile de faire un menu spécial ce jour là ». Chaque jour d’anniversaire a un lendemain, qui me plongeait dans des abîmes de désespoir les lendemains de mon enfance. Et qui aujourd’hui ne signifie plus rien d’autre que … Demain c’est le 22 octobre.
18 octobre 2008
train de nuit
Lorsqu'on est venus la première fois ici, nous avons jaugé l'environnement. Rapide coup d'oeil qui rate forcément des choses, qui en escamote parfois volontairement.
Lorsqu'on est venus ici la première fois, on a vu que les enfants pouvaient jouer sur la route, faire du vélo sur le chemin.
On a aussi vu que la grand route n'est pas loin. Mais il suffira de faire attention.
C'est ce que nous faisons.
Beaucoup de nos visiteurs nous demandent aujourd'hui "et le train ne vous gène pas ?".
Ah oui, le train. Une maigre ligne TER qui relie deux villes, le train qui passe pas très loin au milieu des champs de maïs à proximité des plantations, droites comme un défilé militaire, de peupliers.
Ce train que j'ai pris souvent étudiante, dimanches et vendredis soirs. Ce train qui circule dans la vallée un peu désertée, de la fenêtre en verre Securit j'ignorais ces grappes de villages et de hameaux accrochés aux flancs des montagnes, la voie ferrée traçait tout droit.
Non le train ne nous gène pas. On fait attention, en allant faire du vélo, au passage à niveau. PArfois les wagons sont neufs, ceux que la SNCF aime à montrer pour sa bonne communication, là où les controleuses ressemblent à des hôtesses de l'air dans un compartiment en plastique tout neuf. Parfois usés et recouverts de tags, ils font drole de figure dans ce milieu très rural fait de caillasse et de terre.
Non le train n'est pas un souci, on parle d'intensifier les lignes et de rouvrir des gares de campagnes, à l'architecture sortie d'une boite de Playmobils. La vallée se peuple, prolongement logique d'une ville dont l'expansion se ramifie de plus en plus loin, sinuant entre les massifs montagneux. La route ne pourra indéfiniment absorber ces cohortes de voitures se rendant vers les bureaux et les usines.
Le train lorsque je ferme mes volets le soir, je le vois parfois, filer d'un trait de lumière, il cloture ma journée.
Non, vraiment, le train n'est pas un souci.
14 octobre 2008
Adeline fait son coming out !
Adeline, ça fait un moment qu'on se connait et qu'on se suit. A force, c'est devenu une blog-copine, comme certaines autres. Elle est toute jeune... Et non, vous n'auriez pas trouvé son blog dans mes liens car il avait un mot de passe. Et indiquer à des tiers une porte qu'ils ne peuvent pas ouvrir, je ne le fais pas. Mais maintenant qu'elle ouvre un blog public, alors là voila.
Pour lui répondre :
Devenir maman : déjà fait
monter ma boite : ça m'a trotté en tête
créer mon premier site internet : si un blog est inclus, alors oui
gagner ma vie de mon site : euh, pas concernée alors
faire encore 3-4 autres enfants : non merci, je ne m'en sens pas la force et admire celles qui le font
Adopter un enfant : vaste débat... impossible d'y répondre
Partir vivre à la campagne : déjà fait
aller vivre au pays basque : certainement magnifique mais je lui laisse alors
acheter une maison : déjà fait - sans piscine
faire du sport régulièrement : I wish I did...
partir longtemps en Nouvelle Zélande : non, merci. Mais partir plein de fois dans plein d'endroits différents, ok
rentrer dans du 38 après 5 enfants : perso, j'aime autant rester au 36, même si je ne fais pas 5 enfants
continuer les sorties copines même avec des enfants : oui, c'est possible ... Pas hyper facile, mais heureusement possible
créer ma boite de consulting : non merci
marier mes enfants : pas obligatoire. Les savoir heureux me suffira
Etre grand mère : trop loin pour y penser, mais je caresse cette idée avec le plaisir de ne plus avoir ces responsabilités de parents
fêter nos 50 ans de mariage : hum. Il faudra qu'on vive très, très très vieux pour cela. Forget it.
13 octobre 2008
Faire avec
En venant nous installer ici, en pleine campagne, nous ignorions « où » nous allions tomber. Quel environnement, quels voisins, quelle ouverture d’esprit …
Ces éléments là étaient parfaitement non maîtrisés. Oh bien sur, il eut été facile, moyennant quelques dizaines de milliers d’euros, d’aller nous implanter du coté chic de la vallée, celui ou fleurit le pognon, les piscines et les belles voitures. Les bonnes écoles aussi. Oui, je grossis encore le trait.
Vous l’aurez compris, nous avons fait le choix, pas totalement maîtrisé, de faire l’inverse. Nous installer là ou vivent les plus modestes, là ou il reste encore quelques usines déclinantes voire moribondes. Là ou les maisons sont plus petites, les écoles moins cotées, les voitures plus cabossées.
Au final, notre tout petit village offre du bon. Beaucoup de bon. La tête sur les épaules, les légumes du jardin (et non pas « bio »), le bleu de travail et le mouchoir à carreaux, les vaches, le concours de labour et les comices agricoles. Le plombier, le charpentier et le maçon.
Ici, pas de médecin, d'architecte, d'avocat ou de banquier. Non, non.
Il y a forcément le revers de la médaille. Avec qui discuter de cinéma asiatique, ici ? Des dernières adorables petites choses chez Madame Chacha ? D’une belle expo, dans la grande ville d’à côté ? Oui, tout cela fait un peu parisien, je vous l’accorde. Je grossis encore le trait, bien sur.
On me regarde souvent d’un drôle d’air, je fais un peu ma bourge, ma raffinée, ma sophistiquée, ma bobo dans ce monde rural ou Décathlon habille toute la famille. Avec Gémo. Et la Halle aux Chaussures, aussi.
Je fais avec, évidemment. Souvent, et même pas trop mal, au final.
Mais élever mon fils sans Walt Disney et sans Décathlon (enfin, presque sans, hein)
Vivre sans télé.
Ne pas lire Femme Actuelle.
C’est un peu singulier ici. Je fais avec. J’aime aussi cette différence.
Si on avait été en face, j'aurai adoré cultiver un coté " prolo révolutionnaire ", dans ce monde de Mini noires et de gosses de riches.
Alors, l'un dans l'autre ...
10 octobre 2008
Victoire !
Parfois, des vieux rêves se réalisent. Des tabous qu’on transgresse, un sourire insolent aux lèvres et un air de victoire discrète, mais bien présente, affichée.
C’est comme ça que jeudi, je suis allée bosser avec des Converse aux pieds. Les toutes neuves, blanches en toile.
Avec un jean.
Et ce n’était pas un jour ou mon/ma chef/fe était absente. Non, pas un acte de rébellion un peu caché. Comme on fredonne tout doucement une chanson paillarde à la messe.
Assumé. Au milieu de mes collègues à la machine à café. Entre les filles pomponnées, de noir vêtues avec talons intégrés, les mèches blondes parfaites, et le département technique, portant jean fatigué et pull en jacquard avachi.
Des Converse toutes blanches avec un jean bien clean. Je sais, on a les limites qu'on se fixe, mais le dress code d'une entreprise ne se transgresse pas toujours avec facilité.
Victoire !
